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Pétition aux Pays-Bas: « Nous ne sommes pas des virus. »

Les Chinois des Pays-Bas ont lancé une pétition en ligne pour dénoncer la discrimination raciale à l’encontre des Chinois et des personnes originaires d’Asie en général. Cette pétition fait suite à la diffusion par une station de radio locale d’une chanson liant le coronavirus aux personnes d’origine chinoise et recommandant de ne pas s’approcher de la nourriture chinoise.

Lancée samedi dernier, la pétition « Nous ne sommes pas des virus » avait rassemblé plus de 17000 signatures au moment de la rédaction de cet article et proclame: « Nous disons non au racisme contre les Chinois (et tous les autres Asiatiques). »

Au cours d’un programme de Radio 10, un animateur a chanté une chanson affirmant que le coronavirus avait été apporté par « des chinois sales » et « si vous ne voulez pas être infectés, ne vous approchez pas de la nourriture chinoise ». Ce programme a déclenché un tollé et été largement critiqué pour son caractère hautement discriminatoire et inhumain.

L’animateur Lex Gaarthuis a présenté ses excuses sur sa page Facebook, indiquant qu’il n’était pas dans l’intention de Radio 10 et des réalisateurs du programme de blesser ou de discriminer qui que ce soit. Il a déclaré qu’il se distanciait certainement de tout ce qui pouvait s’apparenter à du racisme ou de la haine contre autrui. Selon lui, cette chanson était censée être une satire humoristique, mais cet extrait a été retiré d’Internet par toutes les chaînes de Radio 10, a-t-il précisé.

« Comment se fait-il qu’il existe des gens comme Radio 10, qui osent lier un virus grave (le coronavirus) avec des personnes ayant des origines chinoises et mangeant de la nourriture chinoise? Cela affecte non seulement tous les Chinois, mais aussi tous les Néerlandais ayant une origine asiatique. Une maladie, un virus, on ne plaisante pas avec ça. Ririons-nous si la chanson parlait du cancer? », argue la pétition.

Celle-ci demande par ailleurs aux médias d’être responsables et de faire des reportages appropriés, aux politiciens de lutter contre le racisme et la discrimination, et à la radio de présenter des excuses sincères envers tous les Chinois blessés par la chanson.

Ce n’est pas la première fois qu’un média occidental essaie de diffamer la Chine et les Chinois en utilisant le thème du coronavirus. Même s’il n’y a eu jusqu’à présent aucun cas confirmé de coronavirus aux Pays-Bas, les Chinois et les autres ressortissants asiatiques du pays en ont ressenti les répercussions au cours de ces derniers jours. De plus, la peur du coronavirus a alimenté les sentiments racistes à l’encontre des Chinois et des Asiatiques en général dans le monde entier.

La semaine dernière, l’ambassade de Chine en Allemagne a critiqué le magazine Der Spiegel pour avoir incité à la panique et à la discrimination raciale, avec sa couverture d’un homme portant un poncho rouge, un masque et des lunettes de protection, intitulée « Coronavirus, Made in China ».

Le Dr Kai Rohs, fondateur éponyme d’un cabinet d’avocats basé à Düsseldorf, a annoncé que son cabinet avait déposé une pétition contre le magazine à l’Agence d’administration de l’information et reçu une réponse selon laquelle cette affaire ferait l’objet d’une enquête.

Dans le même temps, il a fait remarquer que son cabinet avait également engagé une poursuite judiciaire contre un chroniqueur du magazine, qui a écrit un article recommandant de ne pas trop s’approcher des Asiatiques « pour ne pas être infecté ». L’article décrit les Chinois comme « les jaunes et les bridés ».

Selon le Dr Rohs, pour le lecteur averti et celui qui connaît bien la langue allemande, les éléments satiriques du texte sont identifiables, mais le contenu satirique « n’est pas flagrant ». Néanmoins, même la satire peut constituer une violation du Code pénal allemand, si le texte se caractérise par un contenu incitant des personnes [à la haine] pour des raisons nationales ou raciales, souligne-t-il. Le Dr Rohs espère que les Allemands feront preuve de solidarité avec le peuple chinois, qui souffre d’un ressentiment profond au sein de la société occidentale.

Shelley Jiang, une avocate d’origine chinoise travaillant au sein du cabinet, a fait savoir qu’elle avait également mis en ligne un procès-verbal sur la plateforme Sina Weibo, recevant plus de 230000 vues en une seule journée.

L’avocate a en outre créé un groupe WeChat dans lequel plus de 200 Chinois de l’étranger se retrouvent pour partager leurs inquiétudes et leur colère face à la discrimination quotidienne. Un membre du groupe a raconté que sa fille ne voulait plus aller au jardin d’enfants, car elle était discriminée par ses camarades de classe et qu’elle n’avait aucune amie à l’école.

« Une femme est venue me voir pour obtenir une assistance juridique, car elle a fait l’objet d’un licenciement discriminatoire par son entreprise à cause du virus [et] certains étudiants chinois ont été expulsés de leur logement par des propriétaires allemands craignant d’être infectés », explique Shelley Jiang.

Jeudi, la Maison-Blanche a lancé une pétition pour exprimer son désaccord avec l’article publié lundi dernier par Walter Russel Mead dans le Wall Street Journal et intitulé « La Chine est le vrai homme malade de l’Asie ». Dimanche, 102618 signatures avaient été recueillies, dépassant l’objectif des 100000 signatures.

La pétition indique que les commentaires inconscients contre des citoyens chinois innocents encouragent le racisme et engendrent des répercussions contre les minorités chinoise et asiatiques. La communauté chinoise a demandé au journal des excuses en bonne et due forme.

Un étudiant chinois, qui a étudié l’histoire politique et la grande stratégie avec Walter Russel Mead au Bard College entre 2013 et 2015, rapporte avoir écrit à son ancien professeur pour lui expliquer que la phrase « l’homme malade de l’Asie » était une expression chargée émotionnellement pour la communauté chinoise, se référant à une expérience passée d’exclusion et de souffrances.

Dans un e-mail, le journaliste a répondu que dans les journaux américains, les gros titres étaient choisis par les rédacteurs en chef et non les journalistes, et que ces derniers ne prenaient connaissance de la Une qu’après la parution du journal. « Je n’aurais pas choisi ce titre et je ne l’ai pas approuvé », a-t-il souligné.




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