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Sanctions: en abusant de l’arme des sanctions, les États-Unis de Donald Trump l’a rendue complètement “inefficace”

-- Temps de lecture: 3 minutes --

Trop de sanctions tue la sanction : en abusant de l’arme des sanctions, les États-Unis de Donald Trump l’a rendue complètement “inefficace”, à preuve, l’un de ses architectes s’en plaint: Peter E.

Harrell, ancien membre principal du Center for American Security, un groupe de réflexion bipartite basé à Washington, de 2012 à 2014. Exerçant les fonctions de sous-secrétaire adjoint pour la finance et les sanctions au bureau des affaires économiques et commerciales du département d’État américain, sous la présidence de Barack Obama, il était l’un des architectes des régimes de sanctions imposées aux divers pays dont l’Iran.

Dans son article pour Foreign Policy, Peter Harrell écrit : « Il n’y a aucun doute que les sanctions économiques constituent l’arme de choix de l’administration Trump en matière de politique étrangère. De la Chine à l’Iran et au Venezuela, les sanctions et autres outils économiques coercitifs sont au cœur des projets de pression maximale contre les adversaires des États-Unis. »

Ceci dit, l’administration Trump en en a fait trop et cette tendance à abuser des sanctions, a fini par les rendre “inefficaces”. Peter Harrell s’en explique :

1) La politique des sanctions de l’administration Trump est d’un niveau d’agressivité sans précédent. Les données réunies par le cabinet d’avocats « Gibson, Dunn et Crutcher » montrent qu’en 2018, les États-Unis ont ajouté près de 1500 personnes physiques et morales, institutions et entités à la liste des sanctions établie au département du Trésor, ce qui signifie une augmentation de 50% par rapport à 2017. En effet, Trésor a battu son record de 2017 avec une augmentation de 50% en matière de sanctions.

2) La deuxième tendance de l’administration Trump met particulièrement l’accent sur la signalisation politique et diplomatique de ses sanctions. Ce n’est pas nouveau, parce que l’administration Obama se servait également de cette tactique de signalisation des sanctions. Mais en ce qui concerne Trump, son gouvernement utilise cette tactique non seulement contre les États adversaires, mais aussi contre les entreprises et les particuliers. En décrivant en détail ce qu’il attend d’eux, les collaborateurs de Trump les encouragent à agir de sorte qu’ils sortent de la liste des sanctions. Ceci est une mauvaise chose. Car ce clientélisme ne fidélise pas forcément ces entreprises qui, rancunières, disent aussitôt oui à la première offre intéressante destinée à contourner les sanctions.

3) La troisième tendance est celle de l’usage accru de mesures économiques coercitifs. Contre des sociétés chinoises comme Huawei ou ZTE, Trump s’est fondé sur des contrôles stricts et ciblés de leurs exportations plutôt que sur des sanctions imposées par le département du trésor.

Peter Harrell ajoute que ce qui est important pour les États-Unis est de savoir si les régimes de sanctions et les tactiques coercitifs de Trump rendent service ou non à la sécurité nationale du pays et sa réponse est négative.

L’auteur admet que le recours par le président Trump à des sanctions a eu un impact économique sur les adversaires. « La taille de l’économie américaine et sa domination sur le système financier mondial permettent à Trump d’exercer une pression économique sans précédent sur ses adversaires, même si cette politique n’est pas soutenu politiquement au niveau internationale. Cependant, il met sérieusement en doute le succès politique à long terme des sanctions américaines. Le recours agressif aux sanctions a entraîné une réaction géopolitique croissante qui pourrait créer, à long terme, des risques pour l’efficacité des sanctions », écrit Peter Harrell.

« L’Iran, la Russie, la Chine et même l’Union européenne intensifient leurs efforts pour développer des moyens et instruments financiers et commerciaux en dehors du champ d’influence et de domination des États-Unis. Et ils ont eu tous un certain succès. Si ces pays réussissent à y investir à grand échelle, ils mettront en péril la domination financière des États-Unis à long terme. D’autant plus que la domination financière n’est plus immuable dans un monde où les États-Unis constituent une part en diminution lente mais constante du PIB mondial », écrit l’analyste.

Plus important encore, lorsqu’il s’agit de mesures prises contre les pays (par opposition à des mesures visant des particuliers et des entreprises), des exigences excessives peuvent diminuer l’efficacité politique des sanctions économiques. Car contrairement aux souhaits de l’administration Trump, ces demandes excessives peuvent encourager les adversaires à refuser catégoriquement de coopérer. « L’Iran, par exemple, n’acceptera probablement jamais les douze conditions de Mike Pompeo, ce qui bouche toute perspective d’une évolution. Après tout la sanction est une arme pour pousser l’adversaire à jeter du leste et non pas pour le conduire à se renforcer », estime Peter Harrell.

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