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Greta Thunberg

L’imposture #Greta Thunberg ou l’écologisme apocalyptique et anti-national

-- Temps de lecture: 8 minutes --

Pour notre chroniqueur Alexandre Del Valle, la jeune militante sert d’abord une idéologie écologiste-internationaliste foncièrement subversive érigée en véritable religion par les élites mondialisées qui utilisent la cause du climat (comme celle des migrants) pour délégitimer les seules nations européennes et démanteler les frontières et identités des pays occidentaux.

« Comment osez-vous ? Vous avez volé mes rêves et mon enfance ! ». Cette phrase prononcée par Greta Thunberg à la tribune des Nations Unies, lundi 23 septembre, résume l’esprit de la plainte inédite déposée par celle-ci et un groupe de 16 jeunes âgés de 8 à 17 ans, soutenus par l’UNICEF et le cabinet d’avocats international Hausfeld. Un fait attire cependant l’attention : parmi les 5 pays visés par la plainte – la France, l’Argentine, l’Allemagne, le Brésil et la Turquie -, seule l’Allemagne figure parmi les 5 principaux pays émetteurs de dioxyde de carbone d’après les chiffres de l’Organisation météorologique mondiale.

Selon ces mêmes chiffres, la France ne serait classée que 19eme (avec 344 tonnes de CO2 par an), bien loin derrière les trois premiers émetteurs que sont la Chine, les États-Unis et l’Inde, pourtant non visés par la plainte ! Ces pays, bien plus pollueurs, ne peuvent certes pas être attaqués puisqu’ils n’ont même pas ratifié le protocole optionnel (2014) de la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant (1989) qui permet d’attaquer les États membres l’ayant ratifié si ceux-ci adoptaient des mesures contraires à la convention.

L’argument sur lequel repose cette plainte – qui ressemble davantage à une opération de communication qu’à une réelle action légale –- est plus que discutable d’un point de vue juridique. Selon le cabinet d’avocats Hausfeld : « De vieux pays industriels comme la France et l’Allemagne sont responsables d’une large part historique des émissions, même s’ils ne sont pas aujourd’hui les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre. »

Cet argument de la repentance ressemble à un réquisitoire contre certains pays-occidentaux accusés d’être responsables de tous les maux de la terre et ceci de façon indéfinie. De toute façon, quand bien même cette plainte aboutirait, son efficacité serait plus que limitée puisque les trois principaux émetteurs de CO2, la Chine (9800 tonnes), les États-Unis (5200 tonnes) et l’Inde (2400 tonnes) ne sont pas visés. Aussi, les résultats de cette plainte seraient quasi inexistants car le comité saisi ne peut que fournir des « recommandations » aux États-signataires, par définition non-contraignantes.

Inutile de rappeler que les États ne respectent les recommandations et plus généralement le « droit mou » que quand cela est conforme à leurs intérêts, puisque rappelons-le, cette procédure n’est rien de plus que la saisine d’un comité, appelé à enquêter sur les violations mentionnées dans la plainte qui, si les griefs sont avérés, devra formuler des recommandations aux États poursuivis.  Les plus puissants et souverainistes, pour leur part, ne respectent même pas les décisions onusiennes contraignantes comme le montrent les États-Unis, la Chine et tant d’autres pays qui placent leur souveraineté au-dessus du « droit international », lequel ne s’impose qu’aux pays les plus faibles ou à ceux qui ont abandonné leur souveraineté comme les « vertueux » dindons de la farce d’Europe de l’ouest. Une chose est certaine, l’opération de communication associée à la plainte de la jeune Greta est un véritable succès planétaire.

Rappelons que la gamine suédoise (âgée de 16 ans), devenue célèbre en protestant durant l’été 2018 devant le Parlement suédois contre « l’inaction face au changement climatique », a lancé, en novembre 2018, la Skolstrejk för klimatet, « la grève scolaire pour le climat », c’est-à-dire un immense appel aux jeunes à faire l’école buissonnière, un message à la Pink Floyd (« I don’t need a teacher ») en fait très efficace pour mobiliser en masses des adolescents tentés par nature par ce genre d’actions de désobéissance.

Depuis le discours à la Conférence de Katowice de 2018 sur les changements climatiques (COP24), en décembre de la même année, le mouvement de Greta Thunberg s’est propagé dans le monde entier avec un succès incroyable qui ne doit en fait rien au hasard et qui a été orchestré par de vrais « pros » de la com’. Depuis, Thunberg a reçu nombre de prix et distinctions pour son militantisme « exemplaire » : elle faisait la couverture du magazine Time en mai 2019, qui la nommait parmi les jeunes “les plus influents dans le monde” avec le footballeur Kylian Mbappé. « L’effet Greta Thunberg » tant souligné par les médias et repris à leur compte par les politiques opportunistes a été considérable.

L’indépendance plus que discutable de Greta Thunberg

D’après le journaliste d’investigation suédois Andreas Henriksson, qui a enquêté en premier sur Greta Thunberg, tout aurait été programmé de façon savante pour transformer la jeune Suédoise en « héroïne mondiale ». Le journaliste rappelle tout d’abord que le 1er jour de la grève initiée par Greta, le 24 août, est sorti comme par hasard en librairie une autobiographie familiale, « Scener ur hjärtat », co-écrite par la mère de Greta, Malena Ernman, son père Svante Thunberg, Beata, sa sœur, et très accessoirement Greta elle-même. Peu après, Ingmar Rentzhog, riche ami de la famille qui a participé à une conférence sur le climat le 4 mai 2018 avec Greta et ses parents, publie un fameux post Facebook qui fait connaitre d’un coup la jeune adolescente à l’échelle planétaire.

Il est vrai que sa start-up, « We Don’t Have Time », cofondée en 2016, qui est à l’origine d’un réseau social destiné à toucher 100 millions d’internautes, a de quoi propulser des « jeunes talents ». Parmi les actionnaires de la start-up, outre les Rentzhog, on retrouve les Persson, enfants du milliardaire Sven Olof Persson, qui a fait fortune dans la vente de voitures (Bilbolaget Nord AB). Ni l’une ni l’autre de ces familles, très riches, n’a de lien ancien et fort avec l’écologie puisqu’ils viennent de la finance pure.

On apprend aussi qu’Ingmar Rentzhog est CEO du think-tank Global Utmaning, fondé par Kristina Persson, fille du milliardaire et ex-ministre social-démocrate suédois, très engagé contre les « nationalismes ». Bien que se disant « indépendante » face à ce phénomène de prise de conscience naturelle des « jeunes », si différents et bien plus vertueux que les « vieux », lesquels ont « volé » son rêve d’enfant, la campagne environnementale mondiale de Greta Thunberg a en réalité été mise en œuvre et sponsorisée par tout un réseau de multinationales, sociétés industrielles, milliardaires, et bien sûr de lobbies verts, rouges-verts ou mondialistes-sorossiens qui ne s’en cachent d’ailleurs pas.

Reçue à Davos, le plus grand rassemblement de riches des pays industriels, mise en avant par Al Gore, Greta Thunberg a été notamment soutenue par l’incontournable milliardaire George Soros, lequel est tout sauf simplement attiré par la cause climatique, puisqu’il finance les ONG pro-Migrants, les collectifs contre l’islamophobie, les lobbies antirusses et anti-israéliens ou encore les militants No Borders, etc. La jeune fille n’évoque d’ailleurs presque jamais des sujets qui mériteraient pourtant d’être abordés si son message était cohérent. On pense notamment à la mondialisation et au libre-échange. Rappelons en passant que Greta a été reçue à l’Assemblée Nationale le jour même du vote pour la ratification du CETA, qui pose pourtant un certain nombre de problèmes environnementaux qui ne semblent pas préoccuper la jeune suédoise, pourtant par ailleurs intransigeante et exigeante envers les États-Nations souverains, leurs frontières et leur souveraineté, bien plus problématiques pour ses sponsors que le libre-échangisme mondial capitaliste.

La jeune autiste, certes non dénuée de qualités propres, est la fille de la célèbre chanteuse lyrique suédoise Malena Ernman, laquelle a beaucoup utilisé ses réseaux médiatiques et sa célébrité pour mettre sa fille en pole position, et de Svante Thunberg, un ancien acteur et producteur. Lui aussi totalement engagé aux côtés de sa fille depuis des années, Svante, expert en com’ et mises en scènes, accompagne sa fille partout, y compris lors de sa traversée transatlantique dont le voilier a été sponsorisé par l’entreprise BMW. Lors de cette aventure, l’imposture a frisé l’ubuesque car derrière le discours culpabilisateur de militants écologistes et des parents de Greta, qui mènent une croisade contre l’utilisation d’avions, on a appris que l’opération de traversée de l’Atlantique a nécessité l’achat de six billets d’avions pour les retours…

Sans surprise, les parents de Greta sont tous les deux proches de mouvances écologistes et de la gauche socialiste suédoise, et ils défendent de façon active depuis toujours la « cause des migrants », cause par excellence du show-biz et des bourgeois mondialisés protégés des quartiers sensibles. Le Time a par ailleurs révélé « qu’une partie du travail de Greta est en train d’être effectué par Daniel Donner (l’attaché de presse de la jeune fille) », qui travaille pour un puissant lobby bruxellois connu sous le nom de Fondation européenne pour le climat. Rien de répréhensible, certes, mais rien d’indépendant non plus.

Un message apocalyptique, collectivement déprimant et culpabilisateur pour les seuls Européens

Derrière son discours en apparence porteur d’amour pour la nature et l’écosystème se cache un message apocalyptique qui tient l’Occident pour seul responsable du réchauffement climatique. L’idéologie de Greta préconise en effet de diviser notre consommation énergétique par quatre d’ici 2050, l’abandon du nucléaire – qui a pourtant permis à la France de diminuer drastiquement ses émissions de CO2, contrairement à l’Allemagne qui est revenue au charbon et au gaz –, et bien sûr la « décroissance » tant économique que démographique, mais pas en direction de l’Afrique ou de l’Inde, mais de l’Europe « coupable » historique.

La Chine et l’Inde, bien que faisant partie des trois pays les plus pollueurs du monde, sont donc exclus des appels culpabilisants et dénonciateurs de Greta, tout comme d’ailleurs les pays du Golfe comme l’Iran et l’Arabie Saoudite qui font pourtant partie des 10 plus grands émetteurs de CO2, avec respectivement 650 et 630 tonnes par an. Quant à l’impératif de « décroissance démographique », il semble également n’être destiné qu’aux pays occidentaux et en aucun cas au continent africain, alors que la population africaine pourrait tripler d’ici 2050, passant de 1 à 3 milliards d’habitants. Cherchez là aussi l’erreur.

Au-delà de ses injonctions à géométrie variable, le discours de la jeune activiste se caractérise aussi par son aspect mortifère et apocalyptique, rhétorique, dont est également féru Yves Cochet, l’ancien ministre de l’Écologie sous le gouvernement Jospin. Selon ce dernier, un chaos serait « possible dès 2020, probable en 2025, certain vers 2030 ». L’ancien ministre imagine en effet un monde marqué pas des guerres civiles, des affrontements et une humanité ne comptant plus que 3 millions d’habitants. Rassurons-nous toutefois : la crédibilité de ces prévisions – comme celles de Greta – est à relativiser, puisque Monsieur Cochet avait annoncé la disparition du pétrole en 2010…

Certains, comme les radicaux du Mouvement pour l’extinction volontaire de l’humanité, ou VHEMT -Voluntary Human Extinction Movement -, assez proches des thèses de Thunberg, vont encore plus loin en proposant comme solution la stérilisation de l’espèce humaine afin de laisser place à une nature qui deviendrait saine et se libèrerait de la menace de l’homme (surtout occidental). L’argument de la fin du monde qu’il soit basé sur des faits scientifiques ou – plus souvent – sur des cris du cœur de jeunes activistes, comme la jeune suédoise, est rhétoriquement redoutable puisque le critiquer reviendrait donc à s’opposer à la vie elle-même.

L’homme occidental coupable de tous les maux de la Terre à abattre

En plus d’être annonciatrice de cataclysmes et d’être mortifère, cette idéologie présente également certaines caractéristiques propres au totalitarisme. Ce nouvel écologisme incarné par la jeune Greta qui embrigade la jeunesse, désigne un ennemi à anéantir, attribut inhérent au totalitarisme. Pour le nazi, l’ennemi désigné est le juif, pour le communisme la menace est incarnée par le capitaliste, enfin pour l’écologiste convaincu et aveuglé, l’ennemi à détruire est avant tout l’homme occidental. Comme le communisme, l’écologisme radical partage une prétention égalitariste –à géométrie variable comme nous avons pu le constater – mais ajoute un élément inédit absent dans d’autres cas totalitaires.

Le système politique total ne se limiterait pas seulement ici à contrôler les pensées, l’État, la presse et la police, mais il devrait également contrôler la Science, la Technè et le Progrès. Véritable frein à l’intelligence humaine et au progrès technique, pourtant libérateur durant des siècles, la Science et la Technique devraient être entre les mains seules de nos « élites éclairées » et « vertueuses » à même de « guider l’Humanité ». Enfin, l’élimination des frontières et la dimension foncièrement anti-identitaire et internationaliste de ce nouvel écologisme politique rouge-vert constituent également des éléments caractéristiques du totalitarisme. Ainsi, il faudrait en finir avec les nations et leurs intérêts qui menacent l’ordre naturel et l’écosystème.

Ce que préconise la prophétesse Greta, c’est donc le suicide économique, technologique et démographique des sociétés occidentales au profit de la Chine, de la Russie et de l’Inde qui n’ont en fait nullement l’intention d’en faire de même. La décroissance démographique, tout à fait souhaitable en Europe selon Greta Thunberg et ses soutiens, ne le serait aucunement en Afrique ou en Inde, auteurs de véritables bombes natalistes. Il en est de même pour la décroissance économique : elle ne semble désirable qu’en Europe, loin de la Chine es ses considérables émissions de CO2. Pékin et son gouvernement pollueur-totalitaire socialiste-capitaliste et néo-impérial-prédateur ne sont en effet curieusement jamais visés par les discours virulents de la jeune suédoise.

Enfin, l’utopie verte de Greta Thunberg, est bien belle, mais elle semble omettre une chose : pour freiner le réchauffement climatique et le danger qui nous guetterait, il faudrait en fait réconcilier les intérêts nationaux, pourtant contradictoires et opposés, des États-Unis et de la Chine, ceux de l’Inde et du Brésil. Les immenses ambitions géoéconomiques et géopolitiques de ces pays ne seront pas arrêtées par le discours catastrophiste d’une enfant. Les traiter de « climatosceptiques » ne les freinera pas. Et culpabiliser les seuls Européens, les moins émetteurs de CO2 au monde, ne changera rien à la donne.

 

Source : valeursactuelles

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