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Invasion turque : l’alerte iranien!

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Le ministre iranien des Affaires étrangères a déjà mis en garde la Turquie contre les risques d’enlisement qu’elle encourt si elle se laisse emporter par son maladif tropisme envers les États-Unis et l’OTAN.

Mercredi, le secrétaire général de l’OTAN a affirmé avoir été mis au courant de l’offensive turque par les responsables d’Ankara juste avant que celle-ci ne commence, signe qu’il y a des coordinations parfaites solides entre Ankara et ses alliés occidentaux. Au fait vu la mollesse de la réaction de la France et de la Grande-Bretagne, deux pays qui se distinguent par une verve particulièrement pro-kurde, il ne pourrait y avoir de doute.

Mardi, Emmanuel Macron a reçu à Paris la porte parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), Jihane Ahmed, pour lui témoigner de la solidarité de la France et lui exprimer sa préoccupation face à une possible opération militaire turque en Syrie. On se demande à quoi bon “cette expression de solidarité” alors que les unités commandos et blindées turques font marche sur les villes kurdes de Syrie. Et pourtant, les forces spéciales françaises tout comme britannique ou hollandaise sont bien présent à Hassaké, entre autres et elles sauraient conduire des contre attaque. Mais rien de tel.

Abandonnées par les Américains, les FDS sont aussi lâchées par la France dont l’ex ministre des A.E., Bernard Koushner est depuis 2011 l’un des habitués des voyages illégaux dans les régions kurdes de Syrie où il ne cesse de prôner le séparatisme.

Côté Iran, les choses sont nettement différents: En réaction à l’offensive militaire turque, le président du Parlement iranien vient d’annuler sa visite à Ankara. Invité par son homologue turc à assister à une réunion parlementaire à Istanbul, le président du Parlement iranien, Ali Larijani a annulé sa visite en raison de l’agression turque contre le territoire syrien. Selon les observateurs, cette démarche pourrait signifier de la part de l’Iran, un désaveu total en direction de la Turquie avec qui il a toutefois travaillé dans le cadre de l’accord d’Astana aux côtés de la Syrie et de la Russie.

Mercredi, le ministère syrien des A.E. a lancé un sévère avertissement à Ankara, le mettant en garde contre la fin “possible” du processus d’Astana, et laissant ainsi entendre que l’armée syrienne finirait par se retourner contre Idlib et l’armée turque. En effet, certains milieux évoquent une possible offensive de l’armée turque et de ses alliés contre Idlib si la Turquie parvient à s’emparer de Manbij et du nord est syrien, avec en toile de fond l’occupation de l’autoroute M4, voie stratégique nécessaire à un retour à la normale de l’économie syrienne.

Syrie/Invasion turque : réaction de l’Iran ?

Dans la foulée, le haut diplomate iranien et conseiller du président du Parlement pour les Affaires internationales, Hossein Amir-Abdollahiyan a aussi mis en garde la Turquie dans un Tweet : « L’opération militaire turque contre la Syrie porte atteint à la sécurité régionale. Elle rend plus compliquée la situation dans la région et mis en péril la sécurité régionale. Pour assurer la sécurité des frontières, la meilleure solution en est de faire respecter l’intégrité territoriale des deux parties par voie légale et de recourir au dialogue. L’aggravation de la crise signifie un nouvel afflux de déplacés et la propagation du terrorisme à travers toute la région ».

La Turquie libère les daechistes détenus ?

Le haut diplomate iranien a raison : Les sources kurdes ont confirmé jeudi matin qu’une frappe aérienne turque avait touché une prison où se trouvaient des terroristes de Daech. «Une des prisons où sont détenus des terroristes de Daech a été frappée par l’aviation turque», ont confirmé les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans un tweet sans donner plus de détails. Aucune information n’est disponible sur le bilan des morts et des blessés mais on évoque surtout l’évasion des centaines de terroristes à la suite de cette information. Cette prison appartient au camp d’al-Hol, un véritable bastion des daechistes où ils sont des milliers à vivre en toute quiétude avec leur famille.

Les dirigeants des FDS ont averti que si l’armée turque lançait des attaques contre le nord de la Syrie, ils seraient obligés de dépêcher les gardiens de ces camps et prisons sur le champ de bataille et qu’ils ne n’auraient aucun contrôle sur ces terroristes qui finiraient par disparaître dans la nature. Et bien la frappe contre une première prison de Daech semble avoir déjà crée une brèche. C’est parallèlement à ces frappes que les cellules dormantes de Daech ont procédé mardi soir à une opération d’envergure, une première depuis des mois, contre un QG des FDS à Raqqa.

Lors de cette attaque, certains membres du groupe terroriste Daech ont pénétré dans un QG des renseignements des forces kurdes dans la rue Noori de Raqqa. Après une vingtaine de minutes d’affrontements et d’échanges de tirs, six terroristes ont déclenché leur ceinture d’explosifs et détruit le siège en question.

En 2018, le dernier bastion des daechistes situé sur la rive de l’Euphrate a été démantelé à Deir ez-Zor et des milliers d’éléments de ce groupe terroristes accompagnés des membres de leurs familles ont été capturés avant d’être transférés par les militaires américains avec femmes et enfants dans le camp d’al-Hol dans l’est de la province de Hassaké. Quelques 12 000 femmes et enfants y vivent.

Pendant les premières années de l’apparition de Daech, le camp d’al-Hol servait de camp d’entrainement. En 2015, les FDS sont arrivées à s’en emparer. En août 2019 , un certain nombre de détenus daechistes ont procédé à une émeute et érigé les bannières de ce groupe terroriste dans le camp avec le feu vert tacite des Américains qui ont empêché les FDS de réagir.

L’agression turque vise-t-elle à libérer les terroristes daechistes avec en toile de fond leur réactivation contre l’armée syrienne mais aussi contre l’Irak voisin? C’est fort possible, estiment les experts.

De nombreux experts prédisent qu’un sort similaire au camp al-Bucca géré par les États-Unis près du port d’Umm Qasr en Irak attend le camp al-Hol en Syrie. Créé en 2004 par les USA, le camp Bucca a été peuplé sous l’auspice des militaires US des terroristes d’al-Qaïda et il fut l’un des terreaux de la création de l’organisation de Daech. Abou Bakr al-Baghdadi, Abou Muslim al-Turkmeni, Abou Mohammed al-Adnani et Abou Mohammed al-Joulani, toutes des figures terroristes ont été formés dans le camp Bucca.

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