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Syrie/Irak: le dangereux deal France/USA

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Après avoir mis le feu au Moyen-Orient via son projet « Daech », l’Occident ne veut plus de ses agents takfiristes. Au lendemain de la visite de son homologue irakien à Paris, le président français dément l’existence de tout programme de rapatriement des “terroristes français” au bercail. Ainsi outre avoir payé de leur sang, le prix du projet criminel de reconquête et du démembrement du Moyen Orient, les États de la région devront préserver sur leur sol les bombes à retardement que sont les terroristes de Daech d’origine occidentale. C’est un risque sécuritaire de premier ordre pour les pays victimes de Daech dans la mesure où des documents fiables confirment les connexions entre Daech et des services secrets occidentaux et que des données plaident en faveur d’une enième tentative USA/OTAN destinées à ressusciter Daech. 

“La France a toujours eu la même doctrine qui consiste à dire que ceux qui, dans un théâtre de guerre, ont été incarcérés, en l’espèce par les FDS (Forces démocratiques syriennes) en Syrie et/ou par les autorités irakiennes, sont d’abord et avant toute chose judiciarisés dans ces pays lorsqu’on reconnait la justice”, a déclaré Emmanuel Macron  devant les députés français réunis à l’Élysée. Le président faisait allusion au jugement prochain de 20 terroristes français sur le sol irakien, terroristes que les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont arrêtés à Deir ez-Zor et que l’État irakien a accepté d’accueillir, dans le cadre des échanges diplomatiques accélérés de ces dernières semaines entre la France et l’Irak.

Pour les Français majeurs détenus transférés en Irak par les FDS, “ils relèvent d’abord des autorités de ce pays à qui il revient de décider souverainement si elles doivent faire l’objet de procédures judiciaires sur place”, avait encore souligné Emmanuel Macron.

Pour les observateurs qui suivent le dossier syrien depuis le début, il y a là un grand paradoxe: En effet, un mauvais deal semble se profiler entre d’une part les États-Unis et de l’autre les alliés Otaniens de ces derniers. En effet, le président américain Donald Trump avait demandé à ses alliés occidentaux de rapatrier leurs terroristes prisonniers des Forces démocratiques syriennes, provoquant un véritable mouvement de panique dans les capitales occidentales. À titre de principaux alliés européens de Washington dans son aventure militaire en Syrie, la Grande-Bretagne et la France s’y sont opposées tout court. Vint alors la seconde étape du deal à savoir l’exigence américaine formulée à l’encontre de Paris et de Londres mais aussi de l’OTAN de “prendre le relais US en Syrie”. Non pas que les États-Unis veuillent réellement quitter la Syrie mais surtout pour impliquer pleinement la France dans le plan post-défaite de Daech qui est en cours. Les sources irakiennes proches des Hachd affirment que quelques 3000 daechistes de nationalité occidentale et étrangère sont à l’heure actuelle en train d’être formés dans des bases américaines à Al-Anbar.

C’est dans ce contexte que la France parvient à se faire maintenir ses “terroristes” dans les prisons irakiennes. Il semblerait qu’il y ait là les prémices d’un deal fort dangereux à la fois pour l’Irak et pour la France : pour l’Irak puisque ces terroristes occidentaux constitueraient de dangereux éléments prêts à se réactiver à tout moment et à agir contre la sécurité irakienne et pour la France, parce que celle-ci semble à de nouveau tomber dans le piège US quitte à s’enliser au Moyen-Orient. Pour le reste les agissements de la Macronie en Syrie sont bien suspects : les prévenus français et autres ayant appartenu aux groupes se réclamant d’al-Qaïda ont bénéficié et bénéficient toujours de l’aide directe du gouvernement français. C’est ce qu’atteste une lettre remise par l’ambassadeur Bachar al-Jaafari au Conseil de sécurité, le 14 juillet 2014. Datée du 17 janvier de la même année et signée par le commandant-en-chef de l’Armée syrienne libre (ASL), elle expose la répartition des munitions offertes par la France aux terroristes et précise qu’un tiers est attribué par Paris à l’ASL et que les deux autres tiers doivent être transmis à al-Qaïda (dit en Syrie « Front al-Nosra »). Monsieur Fabius ne disait-il pas « al-Nosra fait du bon boulot » ? Son successeur M. Yves le Drian n’y va peut-être pas d’un pas aussi franc mais c’est lui qui vient tout de même de parler d’une force de maintien de la paix dirigée par les États-Unis en Syrie.

En effet, la France et l’Australie ont annoncé mardi qu’elles soutiendraient le projet de Washington de créer une force de maintien de la paix dirigée par les États-Unis en Syrie afin de permettre à certaines troupes américaines de se retirer du pays. Les ministres des Affaires étrangères français et australien, Jean-Yves Le Drian et Marise Payne, ont évoqué cette question lors d’une conférence de presse à Paris sur la manière de continuer à soutenir les Forces démocratiques syriennes après la défaite de Daech sur le champ de bataille. “Nous pensons qu’il est absolument souhaitable de rester aux côtés des Forces démocratiques syriennes, de ceux qui ont travaillé dur dans la lutte contre le groupe Daech, en consentant des sacrifices considérables. Par conséquent, la décision américaine (de maintenir les forces militaires en Syrie) est une bonne chose “, a déclaré Le Drian. “Nous nous attendons à ce que les autorités américaines améliorent davantage les conditions de cette mise en œuvre, le concept opérationnel qui l’accompagne et lorsque nous disposerons de ce type d’informations, nous pourrons prendre une décision.” a-t-il ajouté.

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