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Iran : Macron dénonce Trump mais…

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À peine 24 heures après avoir décidé de reporter la visite de son ministre des Affaires étrangères en Iran, le président français, Emmanuel Macron, s’est exprimé sur les débordements qui ont marqué les sept jours de manifestations sociales en Iran, lors d’un point de ses vœux de Nouvel An aux journalistes. M. Macron critique «?le ton?» adopté par les États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite envers les événements en Iran, ton qui balise «?le chemin vers la guerre?».

Emmanuel Macron s’adresse à la presse, le 3 janvier 2018. ©AFP 

Selon Reuters, «?la ligne officielle suivie par les États-Unis, Israël et l’Arabie saoudite, pays qui sont nos alliés dans de nombreux domaines, est presque la ligne qui nous mènerait à une guerre certaine », a affirmé le président face aux journalistes.

Cette ligne est « une stratégie délibérée pour certains » tandis que la France veut maintenir l’équilibre. « Sinon, nous finissons par reconstruire subrepticement un « axe du mal?», a-t-il ajouté, faisant référence à un commentaire de l’ancien président américain George W. Bush, qui a déjà utilisé ce terme pour décrire l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord.

Les propos du président français ont été jusqu’ici l’empreint d’un certain réalisme qui contredit les appels à la violence en Iran, lancés par le président Trump ou encore Netanyahu, que les médias occidentaux ont fait passer pour de «?la solidarité et de la compassion » avec les manifestants iraniens.

Mais le président français est-il prêt à se rendre en Iran?? Là, le discours présidentiel change de « ton » et s’approche de celui du président américain : Emmanuel Macron voudrait visiter l’Iran, mais il attendrait « le retour au calme et au respect des libertés publiques ».

Cet appel au respect des droits de l’homme et des libertés publiques de la part de M. Macron est intervenu alors que ce dernier a affirmé au cours de ce même point de presse « vouloir lutter contre le fake news ». Macron a annoncé que la « puissance publique » allait se saisir de la qualité des informations diffusées sur internet, au nom de la « liberté d’expression » et de la « vitalité démocratique ».

« En cas de propagation d’une fausse nouvelle, il sera possible de saisir le juge afin de supprimer le contenu mis en cause, de déréférencer le site, de fermer le compte utilisateur concerné, voire de bloquer l’accès au site internet », a-t-il martelé, dénonçant la « propagande » et les « fake news », non seulement de la part des internautes sur les réseaux sociaux, mais aussi des médias, notamment « étrangers ».

Or les casseurs qui se sont infiltrés dans les rangs des manifestants iraniens et qui se sont mis à attaquer « fusil à la main » dans certaines villes de la province, les bâtiments publics, les casernes militaires, les casernes des pompiers et qui ont hélas provoqué la mort et la destruction des biens publics s’étaient abreuvé de haine sur certains réseaux sociaux comme Telegram qui fonctionnaient en toute liberté en Iran avant les débordements de ces derniers jours. Outre les appels au meurtre et à la sédition, les réseaux sociaux en question apprenaient aux jeunes et souvent aux adolescents (quelques 400 adolescents de moins de 18 ans figurent au nombre des personnes arrêtées par les forces de l’ordre de ces derniers jours, NDLR) comment fabriquer des cocktails molotov, comment incendier les bâtiments, comment casser, détruire, voire éliminer physiquement les forces de l’ordre.

Des personnalités ont dénoncé l’annonce « anti démocratique » de M. Macron et sa guerre contre les fake news. Car pour beaucoup, le fait que l’État décide du contenu, à respecter ou à rejeter des News, pose problème.

C’est le cas de Le Pen qui dénonce une tentative de muselage des citoyens.

Le député de La France insoumise Loïc Prud’homme a pour sa part choisi l’ironie, évoquant les «?fake news du gouvernement Macron?».

Ceci dit, les «?fake news?» que craint Macron pour ses effets néfastes sur la démocratie et qui risquent même de changer le cours des événements en période électorale (et on pense aux médias russes comme Sputnik et RT que n’apprécient guère le président Macron) n’ont jamais appelé les adolescents français à tirer sur les forces de l’ordre, à plastiquer des bâtiments publics et à lâcher les camions de pompiers sur les foules.

Une banque incendiée à Doroud, dans la province de Lorestan, 2 janvier 2018. ©Tasnim

Or en Iran, les populations ont été, cette semaine, témoins d’une incroyable campagne de violence nourrie et abreuvée par des fakes new. Ces fausses nouvelles ont été intolérables non pas parce qu’elles critiquaient les politiques du gouvernement Rohani mais surtout parce qu’elles mettaient en cause la sécurité nationale.

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