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Syrie: stratégie US de l’après-Daech?

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La reprise d’Abou Kamal dans la foulée de la libération d’al-Qaïm a beau infliger une violente défaite à l’axe USA/Israël en Syrie, les Américains, eux, ne resteront pas les bras croisés.

Dans un récent article, le quotidien The Washington Post qualifie « d’éminent danger » l’effort de l’armée syrienne destiné à reprendre « les territoires perdus », effort auquel participe activement l’Iran. Pour le journal, « il convient de parer au plus vite à cette renaissance de l’État syrien » qui risque de faire perdre à Washington tous ses atouts.

« Alors que Washington fête avec fierté son accord avec les Russes dans le sud de la Syrie, croyant avoir neutralisé Moscou, une nouvelle guerre se prépare dans le CENTCOM syro-iranien : la bataille pour restituer l’intégrité territoriale de l’État syrien. La victoire du camp syro-iranien dépendra entièrement de l’attitude que les États-Unis adopteront dans les jours ou les semaines à venir. »

« Des milliers de soldats que le Hezbollah et l’Iran ont déployés aux côtés de l’armée syrienne viennent de débarquer dans des zones récemment libérées. Certes les FDS (Kurdes soutenus par Washington, NDLR) contrôlent encore la rive orientale de l’Euphrate dans le Sud-Est syrien tout comme quelques localités situées sur les frontières israélo-jordaniennes dans le sud-ouest de la Syrie, mais il n’empêche que ces régions-là pourraient elles aussi passer sous les fourches caudines de l’axe Damas-Téhéran et revenir dans le giron de Damas. Car à Washington, personne n’est dupe : si le général Soleimani a tenu à être présent en personne à Deir ez-Zor, c’est qu’il a voulu faire comprendre aux Américains que la Syrie devrait retrouver son intégrité territoriale et que le pétrole syrien reviendrait tôt ou tard aux Syriens. Soleimani s’est rendu à Abou Kamal, située à quelques pâtés de maisons d’al-Qaïm en Irak, histoire de signer l’acte de naissance de ce fameux corridor qui relie l’ouest de l’Irak à l’est de la Syrie, soit l’Iran à la Méditerranée. »

Plus loin, l’article revient sur l’accord tripartite signé entre Poutine, Trump et le roi Abdallah concernant le sud de la Syrie et relève l’un des principaux motifs d’inquiétude d’Israël : « On dit que l’accord prévoit la formation d’une zone dans le Sud syrien hors de portée de Damas. On dit aussi que le Hezbollah et l’Iran en sont exclus. Mais le chef de la diplomatie russe, lui, vient de confirmer le contraire, en soulignant que Moscou n’avait nullement envie de contraindre l’Iran de quitter Deraa, Quneitra et les autres localités méridionales syriennes. Que faire ? Trump peut-il contredire Poutine ? »

À ce stade, l’article reprend le rapport de l’Institut pour la sécurité nationale américaine, lequel appelle Trump à une action urgente tout en mettant en avant trois « solutions », fruits des cogitations d’un groupe de travail composé d’anciens diplomates et de généraux de l’armée US :

« Après la défaite de Daech en Irak et en Syrie, les États-Unis ont besoin d’une politique sans équivoque, surtout sur son volet syrien : aucune partie ne devra croire, ne serait-ce qu’un seul instant, à un retrait US de la Syrie post-Daech. Trump devra annoncer très clairement qu’il maintiendra la présence militaire terrestre et aérienne des Américains en Syrie à la fois pour empêcher le retour de Daech ainsi que pour contrer une emprise de Damas sur l’ensemble du territoire syrien.

En second lieu, l’administration Trump devra renforcer les clivages confessionnels, aider ceux des sunnites syriens qui sont contre Assad. Ces gens-là devraient être armés et financés pour pouvoir préserver leur contrôle sur ces régions du Sud-Est si riches en pétrole. Ces régions pourraient servir de noyau à des États à naître et jouer le rôle d’un levier de pression politique.

En troisième lieu, les États-Unis devront empêcher forces et armes iraniennes d’être acheminées vers la Syrie, ce qui demande au préalable une interdiction du trafic maritime depuis l’Iran vers la Syrie. Il faut tout faire pour que les forces pro-américaines puissent contrôler les villes situées sur les frontières syro-irakiennes. »

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