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Poutine vengera-t-il la mort d’Asapov?

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Le célèbre analyste arabe Abdel Bari Atwan juge « plus que probable » une confrontation militaire États-Unis/Russie à Deir ez-Zor, une première depuis sept ans. Au cœur de ce conflit, le contrôle des ressources pétrogazières de la province, qui est limitrophe de l’Irak.

Mais il y a plus : les Américains ont chargé les Kurdes des FDS de s’emparer des ressources naturelles, en prélude à l’émergence de ce à quoi ils travaillent avec acharnement : le Grand Kurdistan. Tandis que l’Iran et la Russie insistent sur la souveraineté de l’État syrien sur les champs pétroliers de Deir ez-Zor et sur les recettes que l’État pourrait en tirer pour se reconstruire, les Américains cherchent à consolider le Rojava en vue de l’annexer ensuite au Kurdistan d’Irak.

Les repairs de Daech à l’est de Deir ez-Zor où les terroristes cohabitent avec les forces US. ©Twitter

« La violence avec laquelle le ministère russe de la Défense a accusé les États-Unis d’avoir tué le général Valéri Asapov, chef des conseillers militaires russes en Syrie, et deux de ses compagnons est inouïe. Les trois personnes ont perdu la vie dans l’explosion d’une roquette tirée contre le village de Merat à l’est de l’Euphrate. C’est la première fois que la Russie formule une telle accusation contre les Américains depuis son engagement militairement en Syrie. Merat a en réalité une portée symbolique : c’est le premier village à l’est de l’Euphrate à avoir été libéré par l’armée syrienne, le Hezbollah et la Russie. C’est aussi la localité que les Syriens et les Russes ont transformée en une arrière-base pour reprendre le contrôle des puits de gaz et de pétrole de l’est de Deir ez-Zor et encercler les dernières poches terroristes.

Cet accusation russe contre Washington, d’une hardiesse inédite, s’accompagne de surcroît de preuves irréfutables et bien documentées, qui prouveraient les coordinations qui existent entre “les FDS dirigées par les USA d’une part et les terroristes de Daech de l’autre”. Moscou dénonce de surcroît les États-Unis pour avoir sous-traité à Hayat Tahrir al-Sham l’attaque du 19 septembre contre les positions de l’armée syrienne et de ses alliés dans l’est de Hama. L’attaque a été lancée depuis la ville d’Idlib, occupée par Daech, avec pour principal objectif de ralentir l’avancée des forces “alliées” vers les champs pétrogaziers de Deir ez-Zor.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, le général Igor Konachenkov, n’y est d’ailleurs pas allé par quatre chemins, lui qui a affirmé pas plus tard que mardi “n’avoir reçu aucune réponse de la part des Américains à la question suivante : contre qui se battent les Américains en Syrie ?” Le porte-parole a fait état ensuite des images prises par les satellites russes où apparaissent les repaires de Daech dans les zones contrôlées par les forces spéciales US et où ne se déroule aucune confrontation : aucune trace d’attaque d’artillerie, de raid aérien, rien du tout… »

Plus loin dans son article, Atwan revient sur le silence des États-Unis après « ces accusations » et ajoute :

« Les Américains ont affiché le même silence quand le commandant en chef de la Force Qods, l’Iranien Qassem Soleimayni, a refusé de reconnaître aux Américains quelque rôle que ce soit dans la bataille contre Daech en Syrie ou en Irak, allant jusqu’à dire : “Ce ne sont pas les Américains qui devraient fêter la défaite de Daech mais les Iraniens, les Irakiens et les Libanais.” »

L’auteur renvoie aux événements qui ont précédé la guerre en Syrie, surtout le « refus de Damas » d’accepter l’offre qatarie pour construire un gazoduc reliant le Qatar à la Turquie puis à l’Europe via la Syrie :

« Ce conflit, qui à l’origine était gazier, est sur le point de se transformer en une confrontation pétrolière sur fond de combats à Deir ez-Zor. Tout cela nous amène à nous poser la question suivante : les États-Unis ont-ils fait semblant pendant tout ce temps de combattre le terrorisme ? Ou la Russie est-elle en train de nous mentir ?

Toujours est-il que les Américains, à l’heure qu’il est, n’ont démenti aucune des accusations russes. Ce qui ne saurait être nié en revanche, c’est que les Kurdes des FDS agissent sous les auspices de Washington à Raqqa mais aussi dans la province pétrolifère de Deir ez-Zor et qu’ils ont même ouvert les hostilités contre Damas en organisant vendredi des élections locales dans le Nord syrien.

Les corps du général russe et de ses amis sont toujours aux mains des terroristes de Daech et le défi est de taille pour la Russie et ses institutions militaires, qui n’ont pas le droit de laisser sans réponse « une agression d’une si grande envergure ». Quelle pourrait être la nature de leur riposte ? La Russie pourrait directement viser les forces spéciales US engagées en Syrie, ce qui déclencherait l’ultime confrontation. »

Pour l’auteur, « la vraie crise n’a pas lieu au Kurdistan irakien mais bel et bien à Deir ez-Zor où les États-Unis et la Russie pourraient entrer en conflit d’une minute à l’autre ».

« C’est d’ailleurs dans ce même sens qu’il faudrait interpréter la position « peu nette » des Américains au Kurdistan d’Irak et la duplicité dont ils font preuve dans le Nord syrien, où leurs partenaires kurdes font tout pour créer leur État. Après tout, Poutine, ex-membre du KGB, est rancunier. Or, la mort du général Asapov l’aurait profondément blessé. »

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