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Daesh dans la dèche: djihadiste cherche petit boulot pour reconversion future

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Le groupe terroriste le plus riche du monde est dans la dèche. Et incite ses djihadistes à devenir plus autonomes sur le plan financier.

Il ne suffit pas de s’autoproclamer État pour garantir la prospérité d’une nation et de ses administrés. Ce qui fut jusqu’en juin 2014 l’État islamique en Irak et au Levant l’apprend aujourd’hui à ses dépens. Selon le dernier rapport du Conseil de sécurité de l’ONU sur la menace que représente l’État islamique pour la paix et la sécurité internationales, l’organisation terroriste serait en effet touchée par une crise budgétaire sans précédent qui l’obligerait à revoir son mode de fonctionnement et de financement.

D’importants problèmes de trésorerie qui s’expliquent à la fois par la perte de son emprise dans la plupart des régions conquises de Syrie et d’Irak, par un amenuisement du contingent de combattants djihadistes et une importante diminution des rentrées financières.

En juin 2014 (date de proclamation du Califat), l’EI était pourtant considéré comme le groupe terroriste « le plus riche du monde ». Pour 2015, il revendiquait d’ailleurs un premier budget annuel de 2 milliards de dollars et prévoyait un excédent de quelque 250 millions de dollars.
« Défédéralisation »

Des fonds essentiellement engrangés grâce à la contrebande de pétrole ou d’antiquités et la levée d’impôts sur les zones placées sous son contrôle, avec lesquels Daesh achète ses armes, arrose ses mercenaires fanatisés et console les familles des djihadistes morts au combat ou dans une opération suicide.

Mais depuis ces 16 derniers mois, « sa situation financière ne cesse de se dégrader », pointe le rapport du Conseil de sécurité publié fin mai. Depuis janvier 2016, comme on le sait, les « soldats du Califat » subissent une pression militaire constante et ont essuyé quelques cuisantes défaites en Syrie comme en Irak. Lundi encore, l’alliance kurdo-arabe annonçait avoir repris un troisième quartier de Raqqa, considérée comme la capitale de cet État non légitime.

Ces combats perdus ont contraint les leaders de l’organisation terroriste à déléguer la prise de décisions aux commandants locaux (à défédéraliser, dirait-on chez nous) tout en continuant à faciliter et à encourager une série d’attaques hors de la zone de conflits.
Salaires non versés

« L’EIIL est à un moment charnière de son financement » et « subit un revers de fortune, lit-on encore. S a situation financière ne cesse de se dégrader et il ne continue pas moins d’être pour l’essentiel tributaire de deux mêmes sources de revenus, hydrocarbures et extorsion/levée d’impôts ». Des activités qui continuent de rapporter des dizaines de millions de dollars de recettes par mois. Toutefois, ces revenus restent étroitement « liés à l’exploitation des territoires », poursuit le secrétaire général, qui signe ce rapport, et « continueront à diminuer à mesure que le groupe continuera de perdre du terrain, en particulier des villes ». Des pertes que l’organisation avait jusqu’ici tenté de juguler en levant plus d’impôts.

Dans la dèche, Daesh ? On sait que le Califat avait déjà été contraint de raboter les salaires de ses combattants et accusait des retards dans les versements. Que les conditions de vie de ses djihadistes étrangers n’étaient plus aussi « attractives » qu’à ses débuts. Plus frappant : le rapport du Conseil de sécurité ajoute que certains combattants de Daesh « ont dû recourir à des petits boulots pour compenser les baisses, les retards ou l’absence de salaire ».
Surveillance conseillée

Selon des informations communiquées à l’ONU par plusieurs états membres, l’organisation terroriste elle-même aurait demandé à ses affiliés de « devenir plus autonomes et de développer plus activement leurs propres sources de revenus ».

« Compte tenu de cette évolution, la communauté internationale devra désormais faire porter son action sur la lutte contre le financement de l’«EILL 2.0» », prévient l’ONU, ajoutant que les djihadistes sont de plus en plus nombreux à quitter le champ de bataille pour rentrer dans leur État d’origine ou s’installer dans un autre État, y compris dans des zones de conflit. « Ces individus sont d’autant plus dangereux que l’EI cherche à renforcer le rôle des personnes qui lui sont associées par des suggestions, des conseils, voire des ordres, les incitant à lancer des attaques contre des cibles civiles ». Et incite ses États membres de surveiller l’itinéraire de sortie des combattants étrangers et leurs déplacements.

via Djihadiste cherche petit boulot pour reconversion future.

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