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Vers le face-à-face USA/Résistance

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À Mossoul, les terroristes de Daech sont à deux pas de la défaite totale. Le plan russe en Syrie regroupe les terroristes dans des zones bien définies où il est possible d’abord de les cerner et ensuite les éradiquer… Mais une fois Daech vaincu, les États-Unis vont-ils quitter la région? Peu probable. Les agissements américains s’accélèrent même dans l’Est irakien tout comme dans l’Ouest syrien.

Pourquoi alors, les États-Unis s’intéressent-ils tant à cette région incluse entre l’ouest de l’Irak et l’est de la Syrie?

Il y a d’abord les champs pétrogaziers. Le désert de l’est de la Syrie tout comme les régions de l’Ouest irakien renforcent en sous-sol de vastes gisements qui ont présenté pendant longtemps le pôle énergétique de deux pays que sont la Syrie et l’Irak. C’est largement suffisant pour que Washington cherche à s’en emparer.

Vient ensuite le tissu démographique essentiellement tribal de ces régions limitrophes de l’Irak et de l’Arabie saoudite : c’est au sein de ces tribus souvent attachées aux traditions ancestrales et privées des facilités urbaines que croissent la précarité et le chômage et naissent le fanatisme religieux, confessionnaliste et ethnique. De telles circonstances favorisent le terrain à toute sorte d’infiltration et de manipulation de la masse et les États-Unis tout comme leurs prolongations régionales focalisent souvent le plus gros de leurs efforts dans l’est de la Syrie et l’ouest de l’Irak.

Et puis cette vaste région a été depuis 2011 le théâtre d’une violente guerre avec deux volets, celui visant l’État syrien et celui qui cible l’Irak. Cette guerre à “double tranchant” a poussé à l’émergence de l’axe de la Résistance qui est de loin avec la Russie, la seule force qui combat sérieusement le terrorisme. C’est pour faire face à cet axe d’essence anti-impérialisme que les États-Unis insistent pour prolonger leur présence en Irak et en Syrie, même après l’extinction de Daech. Les Américains travaillent à la mise en place d’une ceinture de sécurité étendue entre la province irakienne d’Al-Anbar et le désert de l’est de la Syrie. Il s’agit effectivement de pouvoir couper tout lien entre ces deux régions. Obsédé par l’idée de ce que les stratèges de l’impérialisme qualifient de “croissant chiite”, Washington veut à tout prix interrompre toute voie de communication entre l’Irak et la Syrie, voie qui inclurait l’Irak et le Liban. C’est un enjeu majeur quand on sait que les forces dites de Mobilisation populaire, les Hachd al-Chaabi, ayant déjà vaincu en grande partie les terroristes de Daech à Tall Afar dans l’ouest de Mossoul s’approchent des frontières syriennes et n’écartent pas une possible fusion avec les forces syriennes pour faire plus efficacement face aux terroristes.

À défaut d’une présence militaire massive en Irak et en Syrie qui demanderait un déploiement de troupes et partant des critiques contre la résurgence des concepts guerriers de l’ère Bush, l’Amérique de Trump ne laissera donc pas que les groupes terroristes tels qu’Al Nosra, Daech et autres soient totalement dissipés. Ce sont en quelque sorte leurs bras exécutants chargés d’une mission : celle de combattre jusqu’à l’épuisement de l’axe de la Résistance. Il ya là tout un autre profit à tirer qui est la déstabilisation des pays qui “résistent”. Dans la stratégie de Trump, les États-nation n’ont pas lieu d’être au Moyen-Orient : il faudrait ou bien des ” vaches à lait dociles” (Arabie saoudite….) ou bien des émirats faciles à piller et à dominer.
C’est une terrible erreur que de croire que les Américains finiront très facilement par capituler et accepter leur défaite en Syrie et en Irak. Le Moyen-Orient tel qu’ils le conçoivent est voué à une longue et épuisante guerre domestique destinée à assurer leurs intérêts de même que la sécurité d’Israël.

C’est dans le même sens que les États-Unis élargissent de jour en jour leur soutien aux Kurdes d’Irak et de Syrie et pour les premiers, sans aucune forme de coordination avec le gouvernement de Bagdad. Le Kurdistan irakien parle ces derniers temps de l’indépendance et il est même question de mettre “ce rêve” au référendum. Reste à savoir si ces plans suivis à la lettre depuis 2001 sont oui ou non réalisables….

 

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