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Frapper en Syrie : si François Hollande le veut, désormais il peut et sans préavis !

Cette fois, sans prendre le moindre risque opérationnel, François Hollande, chef des armées, serait en mesure de décider seul d’engager des frappes contre des cibles fortement défendues en Syrie. L’arsenal français compte en effet une arme nouvelle, entrée en service dans la marine nationale en 2015, qui n’était donc pas en mesure d’être utilisée lors du raid initialement prévu le 31 août 2013.

On se souvient de l’humiliant épisode : abandonnée en rase campagne par ses alliés américains et britanniques, la France avait dû renoncer au raid contre des entrepôts chimiques syriens. L’eussent-elle souhaité, ce qui n’était pas le cas, les autorités françaises auraient eu les plus grandes difficultés à envisager une mission purement nationale : elle nécessitait des capacités américaines avant que les huit Rafale, dont l’engagement était prévu, puissent tirer leurs missiles Scalp d’une portée d’environ 400 kilomètres.
Un nouveau missile de croisière navalLa nouveauté, c’est le missile de croisière naval. Il équipe les frégates multi-missions (Fremm), dont deux sont aujourd’hui opérationnelles, l’Aquitaine et la Provence. Deux autres sont toutes proches d’être « admises au service actif », selon la formule consacrée : Languedoc et Auvergne. La portée exacte du missile est inconnue, mais elle dépasse les 1 000 kilomètres. Il n’y a donc aucun problème pour tirer à très longue distance de sa cible, même si le Tomahawk, dont 59 exemplaires ont été tirés dans la nuit du 6 au 7 avril par l’US Navy, peut atteindre une cible à 2 500 kilomètres.

Le missile de croisière navale constitue une capacité nouvelle et majeure pour la marine nationale, qui pourra également tirer cet engin depuis les futurs sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda. Le Suffren, premier de la série, doit être opérationnel en 2018, 11 ans après sa mise en chantier. La France avait prévu de commander 250 de ces missiles, dont 50 pour les sous-marins. Cette commande a été réduite à deux reprises, et la marine n’en a plus que 150 sur sa liste de courses, dont le nombre déjà livré n’est pas connu. Le missile n’a pas été proposé au Maroc ni à l’Égypte, les deux clients export des Fremm, mais la Pologne, qui se prépare à passer commande de sous-marins de dernière génération, pourrait être intéressée.

Volonté politique

François Hollande dispose donc de cette nouvelle capacité de frappe, qui peut être déclenchée sans préavis. La Fremm Provence se trouve précisément en Méditerranée orientale, comme l’a confirmé l’état-major des armées le 30 mars dernier. Elle peut emporter 16 missiles de croisière navals. Pour autant, s’en servira-t-il dans la foulée de l’opération américaine ? C’est peu probable.

Dans le communiqué commun publié le 7 avril par le chef de l’État et la chancelière allemande Angela Merkel, il est très clairement précisé que leurs deux pays « poursuivront leurs efforts avec leurs partenaires dans le cadre des Nations unies pour sanctionner de la manière la plus appropriée les actes criminels liés à l’utilisation des armes chimiques interdites par tous les traités ». De bonne source, on nous a indiqué qu’une initiative militaire française spécifique contre la Syrie est à ce stade peu probable sans une résolution du Conseil de sécurité. Laquelle est impossible puisque les Russes y opposeraient leur veto.

L’autre problème, c’est que « tout en se félicitant de la raclée infligée à Assad », selon une personne connaissant le processus de décision, Paris « doit admettre » que la frappe américaine pose question : les États-Unis interviennent légitimement contre Raqqa dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, mais une frappe unilatérale contre un État souverain, sans résolution ad hoc et sans agression directe, ne saurait être suivie par Paris. Mais François Hollande, à défaut de se trouver au premier plan dans le jeu international, demeure maître du feu français. Selon certaines sources, tout reste possible.

 




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