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L’Union européenne veut maintenir les sanctions contre la Russie quelle que soit la position de Donald Trump !

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Paris, Berlin, Londres, Rome et Madrid ont la ferme intention de ne pas relâcher la pression sur Moscou – quelle que soit la position de Donald Trump sur la question. C’est ce qu’ont laissé entendre les cinq chefs d’État européens à l’issue d’une rencontre avec le président américain sortant, Barack Obama, le 18 novembre dernier, dans la capitale allemande.

Europe
Europe. Crédits : Pascal Franche/ Flickr

Barack Obama et les dirigeants des cinq pays européens les plus influents sont d’accord pour maintenir les sanctions contre la Fédération de Russie tant que Moscou n’aura pas mis en œuvre les accords de Minsk, visant un règlement de la situation dans le Donbass, a-t-on indiqué à la Maison blanche, à Washington.

Des propos confirmés par les déclarations de la chancelière Angela Merkel à l’issue de la rencontre du 18 novembre : « Nous avons parlé des sanctions liées à l’Ukraine. Nous voulons obtenir un progrès sur Minsk, mais ce progrès n’est pas manifeste aujourd’hui. »

Lors de cette conférence de presse, le président sortant américain a pour sa part déclaré : « J’espère que le président nouvellement élu résistera à la Russie là où nos points de vue divergent », ajoutant toutefois que la politique américaine vis-à-vis de la Russie pourrait tout de même évoluer : « Je ne pense pas que notre approche actuelle [à l’égard de la Russie] sera conservée dans sa totalité. »

La veille, la responsable de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, avait assuré que l’UE prendrait ses décisions sans regarder du côté de Washington. « Sur la Crimée et l’Ukraine, nous avons adopté une position de principe, qui ne changera pas au gré des évolutions politiques des autres pays, notamment des États-Unis », a-t-elle soutenu, laissant entendre que même si Donald Trump optait pour un fort rapprochement avec Moscou, cela n’entraînerait pas automatiquement un redémarrage des relations russo-européennes.

Avant cette rencontre de Berlin, plusieurs médias occidentaux avaient annoncé, sources à l’appui, que les dirigeants des six pays y débattraient non seulement de la perspective de prolonger les sanctions en vigueur, mais également de la possibilité d’en adopter de nouvelles, liées aux opérations des forces armées aériennes russes en Syrie.

À l’issue de la réunion, Angela Merkel a affirmé que la question d’introduire des sanctions contre la Russie pour la Syrie n’avait même pas été soulevée à Berlin. Le Premier ministre britannique, Theresa May, a toutefois présenté les choses un peu différemment : sans démentir les propos de la chancelière allemande, elle s’est empressée de préciser que les dirigeants européens et Barack Obama étaient d’accord sur la nécessité de maintenir la pression sur la Fédération de Russie à cause de la Syrie : « jusqu’à adopter des sanctions ».

Pourtant, un diplomate de l’un des pays clés de l’UE, interrogé par Kommersant, a qualifié d’« extrêmement peu vraisemblable » l’introduction de nouvelles sanctions liées à la campagne militaire aérienne russe en Syrie. « De façon strictement théorique, je peux supposer que si la situation se détériorait brutalement autour d’Alep, on pourrait soulever la question de nouvelles sanctions à Bruxelles, a déclaré l’interlocuteur du quotidien russe sous couvert de l’anonymat. Mais il s’agira de mesures ponctuelles, ciblées et symboliques, dirigées contre des individus concrets – et non de sanctions à part entière touchant les sphères financière ou économique. Il n’y pas le consensus nécessaire au sein des 28 pays de l’UE pour adopter contre Moscou des sanctions sérieuses. »

Le diplomate interrogé par Kommersant reconnaît que l’issue de l’élection présidentielle américaine a renforcé les positions du « lobby pro-russe » au sein de l’Union européenne. « Les pays qui réclament un adoucissement progressif des sanctions et, à terme, leur levée ont désormais la possibilité de défendre leur position de façon plus décisive, sans craindre une détérioration des relations avec Washington », a-t-il expliqué.

Ce « lobby pro-russe » au sein de l’UE désigne l’Italie, la Hongrie, la Grèce, l’Espagne, Chypre, la Slovaquie et, dans une certaine mesure, l’Autriche. La franche victoire de Roumen Radev, adversaire des sanctions contre la Russie, à la récente présidentielle en Bulgarie pourrait aussi avoir un impact sur la position de Sofia. Dans l’autre camp, les partisans les plus décidés du maintien de la pression sur la Russie sont les pays baltes, la Pologne, la Suède et le Royaume-Uni. La chancelière allemande Angela Merkel, principal poids lourd européen, penche également pour une approche « dure » à l’égard de Moscou, ce que confirment ses déclarations à l’issue des récentes rencontres de Berlin.

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