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Escalade dans le Donbass – Bombardements intensifs et utilisation d’hélicoptères de combat par les FAU et tortures du SBU

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Après l’ultimatum lancé par Édouard Bassourine avant-hier, le nombre de bombardements sur le territoire de la République Populaire de Donetsk (RPD) avait chuté de moitié, pour n’être plus que de 168 fois dont 127 fois avec de l’artillerie et des mortiers lourds, mais cette relative accalmie n’aura pas duré.

Cette nuit a de nouveau été marquée par des bombardements intensifs sur la banlieue Ouest de Donetsk et le Sud de la RPD, avec plus de 220 tirs d’artillerie et de mortiers lourds enregistrés rien que sur ces zones.

« De 19 h à 1 h du matin, l’armée ukrainienne a bombardé les villages de Sakhanka, Leninskoye, et Bezymennoye dans le district de Novoazovsk, ainsi que les villages de Troudovskoye et Aleksandrovka à l’Ouest de Donetsk. Sur ces zones, 225 obus d’artillerie de 122 mm et 152 mm ainsi que des obus de mortier de 82 mm et 120 mm ont été tirés », a déclaré une source au sein des agences de sécurité de la RPD.

Lors du bombardement de la localité de Bezymennoye, les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) ont touché de nouveau un poste d’observation du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC).

« Hier soir, à 21 h 15, la partie ukrainienne a commencé à bombarder le village de Bezymennoye, où se trouve le poste d’observation du CCCC. Les officiers du centre ont été obligé de descendre en urgence dans les abris anti-bombardements. Il n’y a pas eu de blessés, » a rapporté le ministère de la Défense.

Ce poste d’observation était occupée par des officiers russes et deux officiers des forces armées de la RPD. D’après les données préliminaires, les tirs ont été effectués avec des mortiers de 120 mm (interdits par les accords de Minsk).

Il nous faut rappeler ici que depuis plusieurs mois, les postes d’observation et officiers du CCCC sont régulièrement pris pour cible par l’armée ukrainienne, comme lors de l’incident du mois d’août à Yasinovataya.

Et au vu de l’armement amené près de la ligne de front par l’armée ukrainienne, il y a peu de chances que la situation se calme. Chars d’assaut, canons d’artillerie automoteurs de 122 mm Gvozdika, des dizaines de véhicules de combat d’infanterie et de véhicules de transport de troupes blindés, des camions remplis de munitions, et à Novognatovka (à 7 km de la ligne de contact) ce sont même quatre systèmes antiaériens BUK-M1 qui ont été détectés. Oui, oui, vous avez bien lu. Alors que l’armée de la République Populaire de Donetsk n’a aucun avion militaire, l’armée ukrainienne a amené près du front des armes de défense antiaérienne. Les mêmes qu’elle prétendait ne plus détenir en 2014 après le crash du MH17, prétextant les avoir toutes vendues à la Géorgie.

Hier nous avons aussi appris le retour des hélicoptères de combat ukrainiens dans le ciel après près de deux ans d’absence. Ce fait a été rapporté par le président de la RPD, Alexander Zakharchenko lors d’une déclaration sur la détérioration grave de la situation sur la ligne de front, y compris à Debaltsevo.

« La situation s’aggrave et pas seulement dans la zone de Novoazovsk. La situation s’est aggravée dans la zone de Debaltsevo; et la situation dans les zones de Peski et près de Dokouchaevsk reste tendue aussi. Il n’y a pas de désengagement des forces et des équipements dans d’autres zones, » a souligné Zakharchenko.

Il a ajouté qu’en violation totale des accords de Minsk, l’armée ukrainienne avait attaqué des positions de la RPD avec l’aide d’un hélicoptère de combat.

« Il y a eu récemment une tentative de nous attaquer avec un hélicoptère. Ça a mal fini. L’hélicoptère a été endommagé et a dû atterrir sur le territoire contrôlé par l’Ukraine », a résumé le président de la RPD.

Des nouvelles qui ont été encore plus assombries par celles venues de la médiatrice de la République Populaire de Donetsk chargée des droits de l’homme, Daria Morozova. Cette dernière a en effet reçu des informations concernant l’un des démineurs de l’armée de la RPD capturés par l’armée ukrainienne près de Shirokino.

« Une personne qui a contacté le bureau de la médiatrice a indiqué aux employés que Rouslan Olegovich Andrievskiy (surnom Roussya) avait été admis, dans un état grave, dans le service des soins intensifs d’un hôpital de Marioupol. Cette personne a ajouté qu’avant-hier, l’unité de déminage détenue illégalement avait été amenée au SBU à Marioupol et laissés là toute la nuit, et la nuit dernière, Rouslan Andrievskiy a été mené à l’hôpital alors que les autres démineurs ont été amenés à la prison N° 7 », a déclaré Morozova.

La médiatrice a déclaré qu’après avoir été passé à tabac, la victime a eu la rate éclatée et plusieurs côtes cassées. Elle a lancé un appel au bureau de l’ONU basé à Donetsk chargé de surveiller la situation des droits de l’homme afin qu’ils agissent contre ces tortures pratiquées sur des citoyens de la RPD illégalement détenus par l’Ukraine.

Pour rappel, le 27 juin, l’armée ukrainienne a tiré à l’artillerie sur les environs du village de Shirokino, dans le Sud de la RPD, où une équipe procédait au déminage de la zone en coordination avec l’OSCE. Deux démineurs avaient été tués, et huit blessés avaient été capturés par l’armée ukrainienne. Les vidéos diffusées par le SBU lui-même dans les jours qui ont suivi cet incident montraient déjà clairement des signes de torture évidents sur ces hommes.

Les espoirs d’amélioration de la situation reposent désormais, sans grande illusion, ni naïveté, sur la réunion qui doit avoir lieu à Berlin le 19 octobre, entre les pays du Format Normandie.

Christelle Néant doni

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