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De l’importance de la résilience psychologique dans l’affrontement entre l’Occident et la Russie

En cet Occident si fier des valeurs qu’il dit promouvoir, beaucoup ne comprennent pas que certains occidentaux aiment et soutiennent la Russie. En cette guerre froide, qui n’a en réalité jamais cessée, l’incompréhension entre les deux blocs semble grandissante, et peut sembler quelque peu étrange au vu de la proximité géographique, mais aussi historique et civilisationnelle de l’Europe et de la Russie à travers les siècles passés. Comment deux peuples qui devraient être si proches se retrouvent aussi éloignés ? Et surtout comment cet abîme grandissant peut-il annoncer l’avantage militaire d’un camp sur l’autre ?

Si on regarde l’état des pays occidentaux, d’un point de vue psychologique et sanitaire, le bilan est très mauvais. Les occidentaux vivent dans une société consumériste, individualiste, où la lâcheté est la norme, beaucoup souffrent de psychoses ou de névroses et se gavent de médicaments psychotropes (somnifères, tranquillisants, anti-dépresseurs, etc). La peur dirige leur vie : celle du chômage, des migrants, de la méchante Russie, et surtout la peur d’eux-mêmes qui les pousse dans une spirale d’évitement de ce qui leur fait si peur par tous les moyens allant du shopping compulsif à la drogue, en passant par l’alcool, les fêtes sans fin, etc. Le but étant de s’étourdir pour ne surtout penser à rien et surtout pas à ce qui leur fait si peur. Comment en est-on arrivé là ?

Si nous nous regardons l’œuvre de Carl Gustav Jung, la réponse nous saute aux yeux :

« A mesure que la connaissance scientifique progressait, le monde s’est déshumanisé. L’homme se sent isolé dans le cosmos, car il n’est plus engagé dans la nature et a perdu sa participation affective inconsciente, avec ses phénomènes. Et les phénomènes naturels ont lentement perdu leurs implications symboliques. Le tonnerre n’est plus la voix irritée d’un dieu, ni l’éclair de son projectile vengeur. La rivière n’abrite plus d’esprits, l’arbre n’est plus le principe de vie d’un homme, et les cavernes ne sont plus habitées par des démons. […] Son contact avec la nature a été rompu, et avec lui a disparu l’énergie affective profonde qu’engendraient ses relations symboliques. Les symboles de nos rêves tentent de compenser cette perte énorme. Ils nous révèlent notre nature originelle, ses instincts et sa manière particulière de penser. Malheureusement, ils expriment leur contenu dans le langage de la nature, qui est étrange et incompréhensible pour nous. »

En se coupant de toute forme de spiritualité (qui était auparavant liée à la religion), l’Occident a perdu une « boîte à outils » psychologique importante, qui permettait de faire le lien entre l’inconscient et le conscient en fournissant le dictionnaire de « traduction » des symboles de l’inconscient qui devenaient ainsi compréhensibles par interprétation. Et si on y regarde de plus près la séance chez un psychanalyste reprend des éléments de la confession ou de la discussion que certains pouvaient avoir avec leur prêtre pour essayer de résoudre certains problèmes ! On fait parler la personne et on essaye de retrouver son dictionnaire perdu pour comprendre ce qui ne va pas.

Sans cette boîte à outils psychologique, l’homme occidental a perdu le contact avec son subconscient, son moi profond, aboutissant, à terme, à une scission entre son inconscient et son conscient. Rajoutez à cela l’effacement des traditions et de l’histoire des peuples occidentaux, et vous enlevez l’un des derniers facteurs de stabilité psychologique qui restait. Cette scission entre l’homme et ses racines, ainsi qu’entre son conscient et son subconscient, est responsable de l’épidémie de névroses et de psychoses à laquelle nous assistons actuellement dans les pays occidentaux. Mais qui dit psychose ou névrose dit état psychologique instable, et donc une fragilité, une faille, qu’un ennemi peut exploiter très facilement.

Mettez une personne instable psychologiquement en situation de stress intense (situation de guerre par exemple) et vous obtenez un cocktail des plus explosifs. La personne a de bonnes chances de s’enfuir ou de s’effondrer sur elle-même psychologiquement, la rendant incapable de faire quoi que ce soit.

Regardons maintenant la situation en Russie (et dans le monde russe en général). Les Russes (je parle ici sur le plan ethnique, culturel et linguistique), qu’ils habitent en Russie ou dans les pays limitrophes, restent un peuple dont les traditions, les valeurs et la religion sont restés très vivaces. Cet ancrage leur donne une plus grande stabilité psychologique, qui se rajoute à leur force de caractère forgée par des siècles de vie difficile. Le tout leur donne une bien plus grande stabilité et donc une bien plus grande résilience psychologique, car ils ont toujours accès à cette « boîte à outils » psychologique et ils ont de profondes et solides racines, qui les ancrent dans leur histoire aussi bien personnelle que collective.

Pour citer de nouveau Jung :

« Les mythes de caractère religieux peuvent être interprétés comme une sorte de thérapeutique mentale dirigée contre les souffrances et les sujets d’inquiétude qui affligent l’humanité : la faim, la guerre, les maladies, la mort. »

On peut voir cette résilience ici dans le Donbass. Où des gens continuent de vivre sous les bombardements, et refusent de partir. Certains nous disent clairement que leur seule protection réside en Dieu qu’ils prient tous les jours et qui leur a permis de rester en vie jusqu’ici alors que parfois la maison d’à côté a été pulvérisée par un obus. Ils arrivent à sourire et même à rire de la situation terrible et parfois ubuesque dans laquelle ils se trouvent. Ils arrivent à faire preuve d’une solidarité incroyable alors qu’ils ont peu, et que ceux qui sont sur le front manquent de tout. Sans cette résilience psychologique extraordinaire, le peuple du Donbass se serait effondré depuis longtemps, et sa résistance à la junte de Kiev avec. Si le peuple du Donbass tient bon et a infligé des défaites cuisantes à l’armée de Kiev, pourtant bien plus nombreuse et mieux armée, c’est bien parce qu’il a pour lui cette stabilité et cette résilience psychologique qui font cruellement défaut à l’armée ukrainienne.

Tout bon chef de guerre sait que le moral et la motivation de ses troupes sont des facteurs cruciaux qui décident bien souvent de la victoire ou de la défaite d’une armée. Et dans l’affrontement qui se dessine entre l’Occident et la Russie, l’Occident part avec un handicap sévère qui hypothèque grandement ses rêves de victoire contre un pays resté invaincu depuis des siècles face à ceux qui voulaient l’envahir.

doni




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