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“Israël” multiplie les démolitions de maisons dans les territoires occupés

Moins de deux semaines après que la Haute cour israélienne ait redonné son aval aux démolitions punitives de maisons, les bulldozers israéliens sont arrivés à Qabatiya en Cisjordanie occupée ce lundi matin et ont rasé trois maisons.

Les maisons appartenaient aux familles des jeunes hommes accusés d’une attaque à la porte de Dama, à l’Est de Jérusalem al-Qods, sous occupation, au début du mois de février, dans lequel avait été tué un officier de la police israélienne des frontières.

Les trois jeunes ont été directement abattus sur les lieux même de l’incident.
À la fin de ce lundi, 20 personnes se sont retrouvées sans abri dans Qabatiya.

Depuis octobre dernier, pas un mois ne passe sans que l’armée israélienne ne se serve du règlement numéro 119 – un héritage de l’époque du mandat britannique qui permet à des fins de dissuasion à l’armée de démolir la maison de la famille d’un assaillant palestinien présumé.
Au total, au cours des six derniers mois 21 maisons ont été démolies dans le cadre de cette politique de punition collective en Cisjordanie occupée et l’Est de Jérusalem.
Trente-six autres appartements et maisons voisines ont été endommagés par cette démolition.
Dans chaque cas, HaMoked – une organisation de défense des droits de l’homme – a déposé une pétition au nom de la famille demandant à la Haute cour d’Israël d’empêcher la démolition.
HaMoked fait valoir que cette pratique constitue une punition collective et est une claire violation du droit international.

La Quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante de démolir toute propriété, « sauf si ces destructions seraient rendues absolument nécessaires par les opérations militaires. »

Jusqu’à jeudi dernier, le tribunal avait rejeté toutes les pétitions, confirmant sa décision précédente vieille de plusieurs décennies.

Dans sa décision concernant les maisons à Qabatiya, le vice-président de la Cour, Elyakim Rubinstein, a écrit que des éléments restés secrets et fournis par les agences de sécurité d’Israël avaient soutenu l’argument selon lequel les démolitions de maisons servent de moyen de dissuasion.

Cependant, les démolitions de maisons ne sont jamais menées contre les familles de juifs israéliens qui commettent des violences contre les Palestiniens, en dépit de fortes hausses de ces attaques au cours des dernières années.
Les démolitions punitives de maisons ont été condamnées par Amnesty International et Human Rights Watch comme une forme de punition collective.

Il y a plus d’une décennie, un comité militaire avait conclu que les démolitions punitives avaient un effet qui allait à l’opposé de la dissuasion, leur but affiché.

Les Palestiniens visés par ces démolitions faites par esprit de vengeance, disent bien que cela ne fait que renforcer leur détermination contre l’occupation israélienne.
Salim Joubran, le seul juge arabe à la Haute cour, s’est désolidarisé de la dernière décision.

« Je ne suis pas convaincu que les éléments qui nous ont été présentés établissent suffisamment la conclusion publiée, selon quoi l’utilisation des ordonnances de confiscations et de démolitions aient un effet réel et effectif de dissuasion contre l’exécution d’attaques, » écrit-il.

Joubran est maintenant l’un des quatre juges qui ont déjà exprimé leurs réserves au sujet de cette pratique au cours des six derniers mois.

Un vrai changement ?

La semaine dernière, le 31 mars, un panel de trois juges a accepté la requête d’une famille pour stopper la démolition de leur maison. La démolition avait été ordonnée après que leur fils, Abd al-Aziz Meri, âgé de 21 ans, a été accusé d’être impliqué dans la mort d’un soldat et d’un civil en octobre dernier.

Mais le même jour, le tribunal a rejeté la requête de HaMoked pour qu’un panel élargi de six juges examine la pratique.

Dans un autre cas le mois dernier, un panel de juges a examiné une pétition contre la démolition de la maison d’un garçon de 15 ans, accusé d’avoir mené une attaque contre des colons dans le sud d’Hébron en Cisjordanie occupée – une zone de forte colonisation israélienne et où plusieurs villages palestiniens doivent être totalement détruits par l’occupant israélien.

 




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