Accueil » Actualité » L’effondrement du cours du pétrole en 2016 effraie les grandes banques

L’effondrement du cours du pétrole en 2016 effraie les grandes banques

-- Temps de lecture: 6 minutes --

La dernière fois, c’était les prêts hypothécaires à risque, mais cette fois-çi, c’est le pétrole qui joue un rôle dans la crise financière mondiale. Depuis le début de l’année 2015, 42 compagnies pétrolières nord-américaines ont fait faillite, 130.000 emplois bien rémunérés du secteur de l’énergie ont été détruits aux États-Unis, et actuellement, 50 % de l’ensemble des obligations à haut rendement liés au secteur de l’énergie sont « en difficulté », selon Standard & Poor ‘s. Comme vous le verrez ci-dessous, quelques-unes des grandes banques ont une énorme exposition sur les obligations liées à l’industrie de l’énergie, et maintenant elles se préparent à de grosses pertes. Et plus le prix du pétrole restera aussi bas et pire sera le carnage.

Aujourd’hui, le prix du pétrole a fluctué autour des 29 dollars le baril, et durant les 18 derniers mois, le prix du pétrole a chuté de plus de 70 %. Et comme vous pouvez vous en douter, cela ravi de nombreux consommateurs américains. Le prix moyen d’un gallon d’essence(1 gallon = 3,78541 L) à l’échelle nationale aux Etats-Unis est de 1,89 dollar à l’heure actuelle, et le lundi 18 janvier 2016, le gallon s’est même vendu au prix de 46 cents dans une station du Michigan.

Mais cet effondrement du cours du pétrole n’est pas réjouissant dans la mesure où les grandes banques sont concernées. Pendant les années d’euphorie, les banques ont prêté des milliards et des milliards de dollars pour financer des projets de forage extrêmement coûteux partout dans le monde.

Maintenant, ces entreprises tombent comme des mouches, et les grandes banques pourraient être confrontées à des pertes absolument abyssales. Les exemples suivants viennent de CNN

JPMorgan-and-Wells-FargoPar exemple, Wells Fargo (WFC) a une exposition de 17 milliards aux Junk Bonds liées à l’énergie et donc au secteur du pétrole et du gaz. La banque a en réserve 1,2 milliard de dollars pour couvrir les pertes en raison de la « détérioration continue du secteur de l’énergie. »

La JPMorgan Chase met de côté une somme supplémentaire de 124 millions de dollars pour couvrir les pertes potentielles liées à ses prêts dans le secteur pétrolier et gazier. La banque a averti qu’elle pourrait augmenter ses réserves jusqu’à 750 millions de dollars si le cours du pétrole restait à 30 dollars sur une période d’environ 18 mois.

Citigroup est une autre banque qui a aussi une énorme exposition sur le secteur énergétique

citigroupCitigroup a dû puiser 300 millions de dollars dans ses réserves pour couvrir les impayés des entreprises énergétiques. La banque dit que la situation actuelle reflète son opinion selon laquelle « les prix du pétrole sont susceptibles de rester à un faible niveau sur une période de temps plus importante. »

Si le pétrole reste autour des 30 dollars le baril, Citigroup se prépare à environ 600 millions de dollars de pertes liés aux prêts dans le secteur de l’énergie dans la première moitié de l’année 2016. Citigroup dit que ce chiffre pourrait doubler à 1,2 milliard de dollars si le pétrole chutait à 25 dollars le baril et qu’il y restait.

Pour le moment, ces grandes banques expliquent à l’opinion publique que les pertes peuvent être contenues.

Mais ne nous disaient-elles pas la même chose sur les prêts hypothécaires à risque-(subprimes) en 2008 ?

Nous voyons déjà les valeurs bancaires commencer à dégringoler précipitamment. Les gens commencent à se rendre compte que ces banques sont dangereusement exposées à beaucoup de produits risqués.

Si le cours du pétrole devait revenir au-dessus des 50 dollars le baril à très court terme, les dégâts seraient probablement gérables. Malheureusement, il semble improbable que cela se produise. En fait, maintenant que les sanctions aient été levées concernant l’Iran, les Iraniens ont l’intention d’inonder le monde avec d’énormes quantités de pétrole qui ont été stockées sur les tankers en mer…

National-Iran-Oil-CompanyL’Iran avait soigneusement préparé son retour dans le concert des nations en accumulant des tonnes de pétrole sur des tankers en mer.

Maintenant que les États-Unis et l’Union européenne ont levé certaines sanctions, l’Iran qui est membre de l’OPEP peut commencer à vendre son stock massif de pétrole.

La vente de ce pétrole par voie maritime va permettre à l’Iran d’obtenir un coup de pouce financier immédiat avant d’augmenter ses capacités de production. Le déferlement pétrolier iranien arrive à un terrible moment pour les marchés mondiaux du pétrole, qui sont déjà en train de se noyer dans une offre surabondante.

L’autre jour, j’avais expliqué que certaines des plus grandes banques au monde prévoyaient maintenant que le prix du pétrole pourrait bientôt chuter beaucoup, beaucoup plus bas.

barrel-oilla banque Morgan Stanley a averti qu’un renforcement du dollar américain pourrait amener le cours du pétrole à 20 dollars le baril, Pour ne pas être en reste, la Royal Bank of Scotland (RBS) a expliqué qu’un cours à 16 dollars le baril se profilait à l’horizon, en comparant le climat actuel du marché aux jours avant l’implosion de Lehman Brothers en 2008, et la Standard Chartered pense pas que ces prévisions ne sont pas si sombres. La banque britannique a déclaré dans une dernière étude que les prix du pétrole pourraient s’effondrer jusqu’à 10 dollars le baril – un niveau sans précédent depuis Novembre 2001..

Mais la vérité est que le prix du pétrole n’a pas besoin de perdre un centime de plus pour avoir un impact catastrophique sur les marchés financiers mondiaux. Si le cours du pétrole reste au niveau actuel, nous allons voir un défilé sans fin de licenciements, de faillites d’entreprises du secteur de l’énergie et des défauts sur les dettes d’entreprises. Si le cours actuel ne bouge pas, les junk bonds vont continuer de s’effondrer et les institutions financières continueront de tomber comme des dominos.

Nous subissons déjà une catastrophe majeure. Les choses vont déjà tellement mal que certaines formes de pétrole de faible qualité se vendent littéralement pour trois fois rien. Ce qui suit provient de sputniknews

L’entreprise de raffinage Flint Hills Resources, qui opère dans le Dakota du Nord (Etats-Unis), a proposé à ses fournisseurs de lui verser 50 cents pour l’acquisition de chaque baril de pétrole. L’année passée, l’entreprise payait 13 dollars par baril et 47 dollars en 2014.

Ces prix négatifs du pétrole sont dus au manque de capacités de transport et de raffinage pour ce type du brut à haute teneur en soufre (HST), explique Bloomberg. Les hydrocarbures à haute teneur en soufre exigent notamment des équipements extrêmement chers pour transformer le brut en produit pétrolier.

Néanmoins, d’après l’agence américaine, les prix négatifs démontrent que la situation est plus que tendue sur le marché pétrolier nord-américain. Ainsi, le bitume des gisements canadiens a chuté jusqu’à 8,35 dollars le baril, alors qu’il valait 80 dollars il y a un an.

Un graphique que j’ai vu plus tôt aujourd’hui sur zerohedge peut aider à mettre tout cela en perspective. A chaque fois que le prix du pétrole chute relativement bas par rapport au prix de l’or, il y a une crise mondiale majeure. En ce moment une once d’or permet acheter plus de pétrole que jamais auparavant, et beaucoup pensent que cela indique qu’une nouvelle grande crise est en train de nous frapper…

Le nombre de barils de pétrole qu’une seule once d’or permet acheter n’a jamais été aussi élevé.
Barrels-Of-Oil-Per-Ounce-Of-Gold

Dans le monde entier, les grandes banques regorgent de mauvaises dettes. Et pour être honnête, les grandes banques aux États-Unis sont probablement en meilleure forme que certaines des grandes banques en Europe et en Asie. Mais une fois que les dominos commenceront à tomber, très peu d’institutions financières en sortiront indemnes.

Dans les prochains jours, je m’attends à lire plus de gros titres au sujet de l’Italie. Apparemment, les banques italiennes sont proches de la panique totale, et la vente à découvert a été interdite temporairement. Pour moi, il semble que nous soyons proches d’une panique financière totale en Europe.

Cependant, tout comme lors de dernière crise financière, vous ne savez jamais où la prochaine « explosion » aura lieu.

Mais une chose est sûre – la crise financière qui a débuté au cours de la seconde moitié de l’année 2015 devient hors de contrôle, et les dégâts que nous avons vu jusqu’à présent ne sont qu’un début.

theeconomiccollapse

Évaluer cet article

x

Check Also

Les missiles US menacent les Russes en Syrie

-- Temps de lecture: 1 minute -- La Russie a mis en ...

Ghouta : échec du plan américano-israélien

-- Temps de lecture: 3 minutes -- La victoire fulgurante de l’armée ...

ArabicDutchEnglishFrenchGermanRussian
error: © Copyright Cybercomnet, All Rights Reserved. !!