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Sherbrooke : Une mosquée en plein essor

(SHERBROOKE) Pendant que certaines églises catholiques se vendent pour une bouchée de pain, la communauté musulmane de Sherbrooke vient d’investir 600 000 $ dans la réfection et l’agrandissement de sa mosquée, située au pied du mont Bellevue et de la croix lumineuse… Son objectif : pouvoir rassembler simultanément un millier de musulmans parmi les quelque 4500 fidèles que compte la communauté.

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Pour la première fois depuis sa fondation en 1992, l’Association culturelle islamique de l’Estrie (ACIE) a ouvert les portes de sa mosquée à un média d’information afin de constater l’ampleur des travaux effectués depuis un an. La Tribune a ainsi eu un accès illimité à l’ensemble du lieu de culte ainsi qu’aux responsables de la communauté qui ont eu à superviser ces mêmes travaux.

Située au 1200 rue Massé, la mosquée A’ Rahmane (de la Miséricorde, en arabe) occupe l’ancien édifice des Services techniques (géomatique) de la Ville de Sherbrooke. Ses locaux sont répartis sur trois étages, si l’on tient compte des anciens réservoirs d’eau situés sous le bâtiment et auxquels il est possible d’accéder via le rez-de-chaussée.

Depuis son acquisition par l’ACIE en 2001, tout l’intérieur de la bâtisse a été refait. Le revêtement extérieur de la façade fait présentement l’objet de rénovation afin d’accroître l’efficacité énergétique du bâtiment. Outre les deux salles de prières (une pour les femmes et une pour les hommes), dont celle des hommes est dotée d’un miqrab (niche de l’imam), on retrouve également un bureau réservé à l’imam, un bureau administratif ainsi qu’une cuisine.

« Nous sommes très fiers de notre mosquée, exprime Abdellah Chaker, vice-président de l’ACIE en arrivant dans le vestibule de la mosquée où il invite le journaliste et la photographe de La Tribune à enlever leurs souliers, comme le veut la règle islamique. Pour nous, cette mosquée n’est pas seulement un lieu de prière; c’est aussi un lieu de rassemblement pour les fêtes, un centre culturel et aussi une école de langue (arabe et anglais). »

Ingénieur de formation, Talha Hamidi est secrétaire de l’ACIE. Par sa formation, il a participé à l’élaboration des plans ayant servi à l’agrandissement et au réaménagement de la mosquée.

« Tous les travaux ont été faits dans les règles de l’art, dit M. Hamidi qui est ingénieur de projets aux Infrastructures urbaines et environnement de la Ville de Sherbrooke, spécialisé en gestion des eaux. C’est un projet qui s’est échelonné sur plusieurs années et qui a fait appel à beaucoup de dons et de bénévolat de la part de nos membres », précise-t-il.

« Un demi-pain »

Quant aux 600 000 $ nécessaires à la réalisation du projet, ceux-ci ont été amassés sur une aussi longue période que le projet lui-même, ajoute M. Hamidi.

Comme organisme de charité, l’ACIE a demandé et obtenu des gouvernements de pouvoir bénéficier des exemptions rattachées à ce genre de projet. Elle a ainsi pu amasser sur une période de 15 ans les sommes nécessaires à son agrandissement.

« Il faut savoir que pour nous, il est interdit de contracter un prêt, car on ne peut pas hypothéquer la maison de Dieu, explique Tahla Hamidi. Tout l’argent a donc été amassé don par don, sur une très longue période. »

Parmi les donateurs, certains se sont montrés particulièrement généreux face au projet d’agrandissement. « Vous savez, chez les musulmans, comme dans la société en général, il y a des gens qui sont à l’aise financièrement et d’autres qui le sont moins. C’est ce qui fait que nous avons reçu un don de 120 000 $ de la part d’un de nos frères de Montréal qui est commerçant. Certains ont donné 5000 $, 1000 $ ou 100 $. Il y a une chose qui est très importante pour un musulman : si quelqu’un a de l’argent pour un pain, il va consommer un demi-pain et donner l’autre moitié à la mosquée. C’est comme ça que ça fonctionne », ajoute M. Hamidi en ajoutant que de nombreuses activités de financement (ventes de garage, match de soccer, etc.) ont aussi contribué au financement des travaux.

M. Hamidi indique qu’une autre campagne de financement est prévue afin d’agrandir une fois de plus la mosquée d’ici 2023. « Nous avons fait parvenir notre demande à Revenu Canada et nous attendons des réponses. »

Pour l’heure, les travaux réalisés au cours de la dernière année permettent à l’ACIE de tenir toutes ses activités liées, notamment ses séances de prières.

Chaque musulman est tenu d’effectuer cinq prières quotidiennes : fajr (aube), dhouhr (mi-journée), asr (après-midi), maghrib (coucher du soleil) et icha (soir). La prière du vendredi (joumou’ a) est considérée comme la plus importante; celle au cours de laquelle l’imam (chef spirituel) de la mosquée livre son prêche aux fidèles.

Pour la prière sacrée du vendredi, entre 350 et 400 fidèles convergent régulièrement vers la mosquée A’ Rahmane. Les jours de fête, comme celui de l’Aïd, leur nombre peut atteindre tout près de 1000, estiment MM. Caker et Mahidi.




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