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L’Europe choisit son nouveau gouvernement

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Le 30 août, l’Union européenne se réunit au sommet pour élire ses nouveaux dirigeants. Les leaders de la grande Europe auront à s’entendre sur les candidatures du président de la Commission européenne, de ses adjoints et de tous les commissaires ou ministres du gouvernement européen commun.

Depuis le début de la crise ukrainienne, nul sommet de l’UE ne s’est passé sans mentionner la Russie ou les sanctions contre elle pour son « attitude envers l’Ukraine ». Lors du prochain sommet, la politique anti-russe de l’UE sera dans le collimateur des dizaines de milliers de fermiers européens touchés douloureusement par les contre-mesures de Moscou.

Les préparatifs sont déjà en cours pour fermer le quartier européen dans le centre de Bruxelles aux manifestations prévues des producteurs agricoles. Pour que les fermiers en colère ne versent pas du lait caillé et ne lancent pas des fruits et légumes pourris sur les dirigeants européens. Il est difficile de travailler quand cela sent mauvais.

Des protestations ont eu déjà lieu en Grèce, en Espagne, en Bulgarie et en Pologne. De l’Irlande à Malte, les fermiers sont indignés par l’absence de clairvoyance de Bruxelles, incapable de prévoir que Moscou répondra aux sanctions économiques qu’il lui a imposées. En attentant personne n’a brûlé le drapeau de l’UE, comme en Grèce. Mais à en juger d’après l’état d’esprit des agriculteurs qui ont perdu un marché et se trouvent au bord de la ruine, cela n’est pas loin.

Le chef de l’Association espagnole des petits et moyens fermiers Lorenzo Ramas a déclaré à la veille du sommet que ni Bruxelles, ni Washington, qui ont été les premiers à introduire les sanctions contre Moscou, n’ont réfléchi aux conséquences et aux pertes que leurs jeux politiques causeraient aux fermiers.

« Au moment de prendre ces décisions sur les sanctions, l’UE devait d’abord comprendre que cela tournerait très mal pour nos entreprises. Il fallait anticiper que la Russie prendrait ses contre-mesures. Maintenant nous sommes seuls à payer pour tout. Nous avons besoin d’accès aux marchés, mais c’est une impasse ».

En Pologne dont le gouvernement prônait les sanctions anti-russes avec une virulence particulière les fermiers ne comprennent pas comment il a impliqué le pays dans les sanctions anti-russes. Surtout quand un tiers de l’agriculture polonaise dépend directement des exportations vers la Russie. Pour la Pologne, la fermeture du marché russe causera des pertes excédant un milliard d’euros. Certains chefs d’entreprises mettent en question la « solidarité » de Varsovie avec le gouvernement de Kiev. Le directeur de la société CEO of Polish Paprika Roman Sobczak souligne :

« Je ne comprends pas ces interdictions imposées à Moscou. Surtout si on se souvient que les Ukrainiens ont frappé d’embargo notre viande de boeuf l’année dernière. Pour qui luttons-nous ? La lutte pour la liberté d’autrui ne doit pas torpiller notre propre bien-être. On peut sacrifier quelque chose, mais il ne faut pas oublier le bien de son propre pays ».

Les fermiers grecs estiment que les « guerres diplomatiques » ne doivent pas dégénérer en « guerres économiques ». La Grèce a été touchée plus que les autres pays par la crise financière de 2008, maintenant son assainissement est de nouveau menacé par la « guerre des sanctions », signale le gérant d’une des plus grandes sociétés de production d’huile d’olive, Terra Creta, Manolis Anagnostakis :

« Nous tous, nous voulons et nous espérons que cette situation pénible se dénouera le plus vite possible. La Grèce considère le marché russe comme un des plus avantageux du point de vue commercial ».

Même le choix des candidats aux postes supérieurs de l’UE lors du prochain sommet ne se passera pas de la prise en considérations des « motifs russes ». L’Allemagne, la Franche, l’Espagne et les Pays-Bas estiment que la diplomatie européenne doit être dirigée par la ministre italienne des Affaires étrangères Federica Mogherini. L’Italienne a une réputation de politique modérée et neutre. Berlin et Paris ont refusé catégoriquement de soutenir la candidature du ministre des Affaires étrangères de Pologne Radoslaw Sikorski au poste de chef de la diplomatie européenne. On le trouve trop anti-russe. La question est, de fait, close étant donné le soutien de l’Allemagne et de la France. Pour ne pas offenser les Polonais, leur Premier ministre Donald Tusk pourrait recevoir le poste de président de l’UE.

En septembre, le chef de la Commission européenne Jean-Claude Juncker doit présenter la liste du gouvernement européen approuvée définitivement par les dirigeants de l’UE. En octobre elle doit être validée par le Parlement européen. Alors une nouvelle Commission européenne se mettra à la tâche à partir du 1er novembre. Le sort de ces commissaires n’est pas à envier. La Russie a introduit ses mesures pour un an. Les malheurs des fermiers européens n’en sont qu’à leur début.

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