Émilie est en 6e primaire au Collège Cardinal Mercier de Braine-l’Alleud et s’apprête à faire son entrée en secondaire. Une étape importante qu’elle attendait avec impatience avant d’apprendre dernièrement qu’elle devra quitter son école qu’elle fréquente depuis deux ans. En cause? Le décret inscriptions.

La Commission interréseaux des inscriptions (CIRI) a en effet annoncé qu’Émilie était 75e sur la liste d’attente. Une mauvaise surprise pour ses parents qui ont décidé d’interpeller la ministre de l’Enseignement obligatoire, Marie-Martine Schyns (cdH), dans une lettre. «Le décret inscriptions ne récompense pas les enfants qui travaillent bien mais les sanctionnent et les encouragent à ne plus travailler, écrivent-ils. Nous avons toujours habité la commune de Braine-l’Alleud […] Notre fille s’est fait de nombreuses amies au collège, elle s’entend très bien avec ses professeurs et a de bonnes notes. Et là, elle passe même après des personnes extérieures à l’établissement.» Mais Émilie n’est pas la seule dans le cas. Au Collège Cardinal Mercier, 36 autres enfants connaissent le même problème.

Du côté de l’établissement scolaire, on dit n’avoir aucune marge de manœuvre. «C’est vraiment le CIRI qui, en fonction de certains critères, principalement géographiques, calcule un indice composite, qui classe les élèves sur la liste», explique Gregory De Smet, directeur des 1re et 2e années de secondaire.

Pour rappel, le décret inscriptions prévoit certaines priorités si le nombre de demandes est supérieur au nombre de places disponibles (situation précaire, frère ou sœur dans l’école, enfant d’un membre du personnel, etc.)

Ensuite, les places restantes sont attribuées aux enfants non-prioritaires (comme Émilie), partagés selon certains critères: distance maison – école secondaire (7,4 km dans le cas d’Émilie qui habite Lillois-Witterzée), immersion linguistique, etc. De plus, « quand les parents ont inscrit leurs enfants en primaire, il existait encore le principe de l’adossement qui leur assurait une place en secondaire. Ce n’est plus le cas», affirme le directeur qui avoue avoir été surpris du nombre d’enfants «recalés» cette année. Et de conclure: «Ce décret ne pose pas de soucis dans la majorité des écoles mais il est un vrai problème chez nous. Dans le Brabant wallon, 70 enfants sont toujours sans école, dont une majorité dans notre région.»

Finalement, Émilie ira à l’Institut de l’Enfant-Jésus de Nivelles, à 6,6 km de chez elle. «C’est le moins mauvais choix, par défaut. Puisqu’il fallait faire un choix ou laisser notre fille à la maison un an à cause de l’absurdité d’un décret qui ne tient pas compte des gens qui travaillent, du projet éducatif de l’établissement, etc.», racontent les parents qui espèrent bien faire bouger les choses en vue des élections.

C’est pour Emilie, les 1048 autres enfants dans le cas et les milliers d’autres potentiels dans les années prochaines que nous voulons supprimer le décret inscription. Rien n’autorise de briser la scolarité d’un enfant. Rien n’autorise de retirer aux parents le libre choix de l’école de leur enfant. Désormais, il n’y a plus aucun doute: la seule façon de mettre un terme à ce décret liberticide et aux résultats contreproductifs, c’est de voter MR.