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La Russie trace ses frontières arctiques

La Russie trace ses nouvelles frontières orientales. Le président Vladimir Poutine a chargé le gouvernement de préparer d’ici l’été 2014 des propositions concernant l’officialisation du plateau continental élargi en mer d’Okhotsk. En mars dernier l’ONU a reconnu définitivement les droits de Moscou sur l’ensemble de sa superficie. En quoi consiste cet acquis de la Russie ?

Les formalités relatives aux droits de la Russie sur le plateau continental au nord et au centre de la mer d’Okhotsk seront accomplies par le ministère de la Justice, le ministère de la Défense et le Service fédéral de sécurité. Un document publié sur le site du Kremlin précise qu’avant mars 2015 le ministère russe des Affaires étrangères remettra au Secrétaire général de l’ONU les cartes et les donnés géodésiques revues de la nouvelle frontière extérieure du plateau continental.

Tout récemment encore le centre et le nord de la mer d’Okhotsk faisaient l’objet de litiges : des voisins de la Russie, notamment le Japon, prétendaient que les eaux situées en dehors de la zone économique russe de 200 milles faisaient partie de l’océan mondial. Cependant Moscou a réalisé des études minutieuses et présenté à l’ONU des preuves absolument irréfutables confirmant que le plateau continental de la Russie s’étendait au-dessous de ces eaux. En mars dernier un point final a été mis au débat : la Commission des limites du plateau continental a remis officiellement à Moscou 52 000 kilomètres carrés en mer d’Okhotsk. Maintenant le président charge d’officialiser ce fait, explique le professeur de la chaire d’activité politique extérieure à l’Académie de la fonction publique près le président de la Fédération de Russie Alexandre Mikhaïlenko.

« Il s’agit de remplir les formalités suite à la décision de l’ONU qui a confirmé l’appartenance à la Russie de cette zone de la mer d’Okhotsk. Ceci pour que la communauté internationale retienne que c’est un territoire de la Fédération de Russie. Notre requête concernait 52 000 kilomètres carrés. C’est un territoire considérable au centre de la mer d’Okhotsk. D’après nos estimations il est riche en ressources, au premier chef en hydrocarbures ».

Les premiers travaux de prospection sur les sites Magadan-2 et Magadan-3 ont été réalisé dès l’été dernier. D’après les données préliminaires, environ 40 % des superficies reçues contiennent des ressources énergétiques. Les experts évaluent les ressources de pétrole sur le plateau de Magadan à 3 milliards de barils. Il y a, certes, des ressources biologiques et la Russie possède désormais les droits exclusifs sur ces dernières. Le ministre des Ressources naturelles Sergueï Donskoï a même comparé les territoires nouveaux à « la caverne d’Ali Baba dont l’accès offre des opportunités et des perspectives immenses à l’économie russe ».

Selon la candidate ès sciences politiques Kira Sazonova, outre les atouts économiques, les droits sur la mer d’Okhotsk revêtent une grande importance politique.

« On peut dire que l’Arctique est « terra incognita », le territoire inconnu. Peu de choses y sont explorées à cause des conditions naturelles assez rudes. En tout état de cause, même du point de vue géopolitique, la situation est très favorable pour la Russie. Il a fallu, certes, prouver que ce n’était pas une partie de l’océan mondial, comme l’affirmait la communauté mondiale, mais le prolongement de notre plateau continental. Il s’agit, sans aucun doute, d’un pas en avant du point de vue de géostratégie, des ressources et de la planification stratégique ».

Le succès de la requête concernant la mer d’Okhotsk fait naître de grands espoirs dans l’issue favorable relative à un enjeu d’une taille beaucoup plus grand : la reconnaissance du prolongement du plateau continental russe dans la région des dorsales Lomonossov et Mendeleïev dans l’océan Arctique. Si dans la mer d’Okhotsk il était question de 52 000 kilomètres carrés, en l’occurrence il s’agit de plus d’un million. En plus, cette région recèle d’importants gisements de matières premières, pétrole et gaz compris. Les experts russes ne doutent pas du succès : les arguments réunis sont aussi inébranlables que dans le cas de la mer d’Okhotsk. Le sort de la requête arctique sera tranché à l’automne prochain.




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