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UKRAINE. Vers une sortie de crise ?

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Le président russe Vladimir Poutine a appelé vendredi 28 mars Barack Obama pour, selon la Maison Blanche, parler d’une proposition américaine de sortie de crise en Ukraine, où la campagne électorale en vue de la présidentielle démarre officiellement ce week-end.

Vladimir Poutine a appelé son homologue américain à oeuvrer ensemble en vue d’une “stabilisation” en Ukraine, tout en s’inquiétant de la situation en Transnistrie, région russophone de Moldavie, a confirmé ce samedi le Kremlin. Vladimir Poutine “a proposé d’étudier les mesures que peut prendre la communauté internationale pour coopérer en vue d’une stabilisation de la situation”, assure la présidence russe.

Les deux dirigeants sont convenus que les chefs de leur diplomatie discuteraient “prochainement des paramètres concrets d’un travail commun”. La proposition américaine va faire l’objet de discussions directes entre John Kerry et Sergueï Lavrov, assure la présidence américaine depuis Ryad où Barack Obama est en visite. Le dirigeant américain a “suggéré que la Russie mette par écrit une réponse” à cette proposition.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé de son côté que les points de vue de la Russie et des Occidentaux sur la crise ukrainienne se rapprochaient :

“Nos points de vue se rapprochent. Ma dernière rencontre avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry à La Haye et mes contacts avec l’Allemagne, la France et d’autres pays montrent que s’esquisse la possibilité d’une initiative commune qui pourrait être proposée à l’Ukraine”, a déclaré le chef de la diplomatie russe sur la chaîne russe Vesti. “Nous n’avons aucune intention ni intérêt à traverser la frontière de l’Ukraine”, a par ailleurs assuré Sergueï Lavro.

Un “déferlement d’extrémistes”

Le ministre russe a en revanche demandé que “le travail soit collectif” en vue d’une sortie de crise et que “les excès cessent” de la part des contestataires qui ont destitué le président Viktor Ianoukovitch.

Selon le Kremlin, Vladimir Poutine s’est en effet inquiété auprès de son homologue américain du “déferlement d’extrémistes, qui accomplissent en toute impunité des actes d’intimidation contre des habitants pacifiques, les structures du pouvoir et les forces de l’ordre dans plusieurs régions et à Kiev”.

Il a également évoqué la situation de la Transnistrie, ex-république soviétique entre l’Ukraine et la Roumanie en cours de rapprochement avec l’Union européenne. Les troupes russes qui y stationnent ont effectué récemment des exercices militaires et le président moldave Nicolae Timofti s’est inquiété d’une répétition du scénario qui a permis en trois semaines le rattachement de la Crimée à la Russie.

Vladimir Poutine a “attiré l’attention sur l’état de siège de facto dans lequel se trouve la Transnistrie, ce qui conduit à une dégradation des conditions de vie des habitants de la région, porte atteinte à leur circulation et à une activité économique et commerciale normale”. Il a appelé à des négociations suivant le format “5+2” : Moldavie, Transnistrie, OSCE, Russie, Ukraine ainsi, qu’au titre d’observateurs, de l’UE et des Etats-Unis.

Vers une “fédéralisation” de l’Ukraine ?

Pour l’Ukraine, Sergueï Lavrov a suggéré une “fédéralisation” : “Ce n’est pas un mot tabou. Je suis convaincu que nous devons insister là-dessus non pas parce que nous en avons tellement envie mais parce que c’est une exigence des régions du Sud et de l’Est.”

Plusieurs pays occidentaux dont la France ont évoqué ces derniers temps la possibilité d’une “décentralisation” afin d’apaiser les tensions séparatistes dans certaines régions russophones de l’Est ukrainien.

A New York, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a déclaré qu’il avait reçu des assurances de Vladimir Poutine sur le fait qu’il n’avait “aucune intention de mener une quelconque opération militaire” dans le sud ou l’est de l’Ukraine. Il a aussi indiqué que Poutine avait exprimé sa préoccupation devant “certains éléments radicaux le long de la frontière”.

Ban Ki-Moon a répété qu’il s’était efforcé de convaincre Moscou et Kiev “de faire baisser la tension [et] d’entamer un dialogue direct et constructif”. “En période de vive tension, une étincelle suffit à mettre le feu, avec des conséquences imprévues”, a-t-il averti.

Des responsables militaires américains ont estimé à 20.000 le nombre de soldats déployés par la Russie le long de la frontière. Kiev a avancé de son côté le chiffre de 100.000 soldats. La diplomatie russe accuse les dirigeants occidentaux d’être soit mal informés soit de mauvaise foi, soulignant que plusieurs inspections internationales menées en mars près de la frontière n’ont décelé aucun “préparatif agressif”.

“L’hystérie des Etats-Unis et de leurs alliés”

L’appel téléphonique entre Obama et Poutine, à l’initiative de ce dernier, était a priori le premier depuis que Washington a imposé de nouvelles sanctions contre de hauts responsables russes ou proches de Poutine, ainsi qu’une banque.

Plus tôt vendredi, dans un entretien à la chaîne CBS, Barack Obama, avait exhorté Poutine à retirer ses troupes massées le long de la frontière de l’Ukraine. Il a réitéré cette demande lors de sa conversation avec le président russe, selon le compte-rendu de la Maison Blanche.

Le président Obama a noté que le gouvernement ukrainien continuait à adopter une approche de retenue et de désescalade vis-à-vis de la crise […] et pressé la Russie de soutenir ce processus et d’éviter des provocations supplémentaires, dont le fait de masser des troupes à sa frontière avec l’Ukraine”, a expliqué l’exécutif américain.

A Moscou, un haut responsable du Service fédéral de sécurité (FSB) a évoqué le “désir légitime des peuples de Crimée et des régions de l’Est de l’Ukraine d’être avec la Russie”, qui selon lui suscite “l’h

ystérie des Etats-Unis et de leurs alliés”.

Vladimir Poutine n’a rien fait de son côté pour lever les inquiétudes, soulignant que les événements de Crimée avaient montré “les nouvelles capacités” de l’armée russe.

Divisions à l’ONU

Le rattachement express de la péninsule de la mer Noire a conduit à une confrontation au parfum de Guerre froide entre Moscou et les Occidentaux et à l’apparition de profondes lignes de fracture au sein de la communauté internationale. Deux influents parlementaires américains, dont le très interventionniste John McCain, ont appelé vendredi les Etats-Unis et l’Otan à envoyer à l’armée ukrainienne “des armes légères, des munitions, des armes défensives comme des systèmes antichars et anti-aériens”.

L’Assemblée générale de l’ONU a adopté jeudi une résolution condamnant le référendum du 16 mars en Crimée, mais les grands pays émergents se sont abstenus.

La diplomatie russe a dénoncé une “initiative contre-productive (qui) ne fait que compliquer le règlement de la crise politique en Ukraine”. Elle a aussi montré sa détermination à répondre coup sur coup aux sanctions occidentales, annonçant de futures mesures de rétorsion contre “certains pays”, dans un avertissement semblant viser des Etats de l’Union européenne mais pas l’UE dans son ensemble.

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